Cystographie et cystoscopie
Les cancers de la vessie représentent la 4e cause de décès par cancer, et 10% du total des cancers. Favorisés par le tabagisme et par les toxiques industriels, ils se développent aux dépends de la paroi vésicale.
La cystographie permet une visualisation de cette paroi, et des lésions tumorales. La cystoscopie permet de visualiser les lésions et de réaliser des biopsies.

Objectifs de l’examen
La cystographie est un examen radiologique qui permet de visualiser les parois de la vessie et du bas appareil urinaire, à la recherche d’une lésion : un produit radio-opaque est introduit dans la vessie, et par soustraction, les parois vésicales deviennent visibles.
La cystoscopie permet une visualisation directe de cette paroi, grâce à un endoscope. Elle reste l’examen complémentaire de référence pour porter le diagnostic de tumeur vésicale car elle permet :
- visualisation directe de la lésion
- bilan de l’ensemble de la vessie, à la recherche d’autres localisations tumorales
- étude de la base de la vessie
- analyse de la tumeur vésicale : aspect superficiel, infiltrant, siège, taille
- permet de réaliser des biopsies tumorales ou une résection de la tumeur
La réalisation d’une résection a un intérêt diagnostique et thérapeutique : permet d’affirmer le diagnostic de tumeur après étude histologique, donne le grade, renseigne sur le pronostic associé et guide la prise en charge thérapeutique. Elle permet dans le même temps de rechercher des signes d’extension locale de la tumeur selon l’atteinte ou non des différentes couches cellulaires.
Indications de l’examen
Une cystographie puis une cystoscopie peuvent être réalisées en cas de suspicion de tumeur vésicale, révélée le plus souvent par :
- une hématurie (sang dans les urines), le plus souvent macroscopique, c'est-à-dire visible à l’œil nu (urines rouges)
- des troubles mictionnels, généralement associés à l’hématurie : urgences mictionnelles, infections urinaires récidivantes, difficultés pour uriner, mictions fréquentes
Une cystographie permet également de visualiser les malformations des voies urinaires. Elle est parfois indiquée chez l’enfant, notamment après une pyélonéphrite (infection du parenchyme rénal) ou des infections urinaires à répétition.
Déroulement de l’examen
La cystographie rétrograde est un examen radiologique, réalisé par un médecin spécialiste en radiologie ou par un urologue. Après vidange de la vessie, une sonde urinaire est mise en place. Sa pose n’est pas douloureuse, mais peut être inconfortable.
Un produit de contraste radio-opaque, iodé, est progressivement introduit par son biais dans la vessie, jusqu’à son remplissage.
Des clichés de radiologie réalisés une fois la vessie pleine et durant la miction permettent une analyse des parois de celle-ci et de l’urètre. Cet examen est souvent réalisé sous une antibiothérapie prophylactique en prévention d’une éventuelle infection
La cystographie descendante ou urographie intraveineuse consiste par l’injection d’un produit de contraste par voie intra veineuse qui sera filtré par les reins et permet de visualiser l’ensemble des voies urinaires.
Ces deux techniques nécessite l’emploi d’un produit iodé et sont contre-indiqués chez les patients présentant une allergie à l’iode ou ses dérivés.
La cystoscopie est un examen endoscopique : après anesthésie locale ou générale, un endoscope souple est introduit dans l’urètre jusqu’à la vessie. Il permet la visualisation directe de la lésion, et guide la réalisation de biopsies. Elle peut être réalisée de deux manières :
- sous anesthésie locale, en consultation, avec un fibroscope souple
- sous anesthésie générale ou locorégionale, au bloc opératoire, pour réaliser dans le même temps des biopsies des lésions, ou une résection de la vessie dite trans-urétrale (en passant par l’urètre)
La cystoscopie et la cystographie sont deux examens aux indications différentes. La cystoscopie est plus utilisée lorsqu’on attend un geste thérapeutique ou biopsie dans le même temps opératoire donc plus sur des pathologies tumorales tandis que la cystographie est plus indiquée dans un dépistage d’anomalie morphologique.
Christophe Coste
Validé par le Dr Frédéric Amarger
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