Faire face à nos ruptures Par Michèle Freud
« Depuis des mois je ressentais un serrement diffus dans la gorge, le ventre, et au creux de l'estomac. C'est à la suite d'un interrogatoire chez le médecin que je me suis entendue dire que j'avais mal à mon couple.
J'ai soudain pris conscience que mon malaise était lié à une sorte d'angoisse larvée d'une catastrophe imminente. De retour à la maison, j'ai osé dire, réfléchir à l'origine de la dégradation de notre couple »
Quand l'amour s'en est allé, lorsqu'on n'a plus d'attente, de désir, ni d'espoir à force d'espérer, et l'on prend conscience de l'érosion du couple, il est souvent trop tard. Il arrive aussi que le plaisir se taise, que le désir s'absente et que l'ardeur fasse grève, que l'on songe à un hypothétique autre part que l'on pense plus prometteur, alors on va chercher ailleurs ce dont on a besoin. La liaison extra-conjuguale peut être un avertissement pour notifier la crise, quelquefois, in extremis, dans quelques cas, elle est un message à entendre pour signifier l'inflation du désir, et s'il est encore temps; et si l'on prend le soin d'aller au cour du problème, le couple parvient à renaître.
«Lorsqu'il m'a trompée, j'ai compris qu'il me fallait prendre soin de la relation pour éviter qu'elle ne meure, car on est toujours deux dans le couple avec une responsabilité partagée » dit Adèle.
Certains, craignant de se retrouver seuls, utilisent cette liaison comme un tremplin qui faciliter la séparation. Elle vient alors précipiter la rupture.
Puis il y a ceux qui ont un passé d'années de co-habitation sur le mode du conflit, des disputes, des petites phrases assassines ou aigres-douces qui, par peur de défaire, ont accumulés humiliations et frustrations. Ceux-là ont tenu tout ce temps et aujourd'hui en ont assez de « prendre sur eux. »
Il y a ceux qui laissent leur couple et leurs sentiments partir à la dérive, sans réelle envie de faire un effort, s'enfonçant dans une sorte de torpeur avec un quotidien dans lequel il n'y a plus de plaisir et qui un certain matin constatent de façon pathétique que leur amour a fui.
D'autres hantés par le doute, les problèmes à surmonter n'osent pas franchir le pas et attendent le départ des enfants, la fin des crédits de la maison à payer. Ils perçoivent, au gré du temps que l'ennui grandit, que le fossé se creuse avec, en prime, un état de tension grandissant face à l'ampleur du désert de leur vie affective.
Quand la pesanteur plombée du quotidien devient trop assommante, ces couples constatent un jour une impossibilité de la vie commune et finissent par se séparer pour non-lieu d'amour.
Perte d'intérêt pour l'autre, perte de désir, chacun se mure dans le silence et la frustration, le moindre incident vient exacerber l'envie de plus en plus obsédante de partir et un jour l'un d'eux s'offre ce passage à l'acte : tout plaquer ! Ces situations diverses aboutissent toutes à un constat d'échec aux conséquences quelquefois dévastatrices.
Difficile de faire l'économie de la souffrance lors de la rupture ! Face à l'échec, nous ressentons toute une gamme d'émotions : tristesse, colère, douleur, peur de l'avenir, solitude, confusion concernant des décisions à prendre avec aussi un sentiment d'échec face à nos rêves brisés et nos projets avortés. Du début de l'interruption de la relation jusqu'à la phase de reconstruction, il nous faut négocier avec toute la palette des émotions : choc, incrédulité, marchandage, colère, culpabilité, détresse. Aussi dure que soit l'épreuve, il importe de ne pas escamoter les étapes, être patient !
Ces étapes sont nécessaires pour se reconstruire, elles offrent aussi une réelle opportunité pour redéfinir de nouvelles valeurs.
Apprendre à vivre sans l'autre
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