Zoom sur les infections nosocomiales
Les infections nosocomiales touchent environ 7 à 8% des malades hospitalisés et entraînent plusieurs milliers de morts par an. Certaines infections sont inévitables, mais d’autres pourraient être évitées par le renforcement des mesures de prévention. Le point sur ce problème majeur de santé publique.

Variable selon les services, le taux d’infections nosocomiales est directement lié à l’activité hospitalière : il est maximal dans les services de réanimation, où les actes invasifs (intubation, sonde urinaire) sont fréquents.
Définition pratique
Une infection nosocomiale est une infection acquise à l’hôpital. En pratique, on considère que toute infection apparue plus de 48h après l’admission hospitalière est une infection nosocomiale, avec les approximations que cela entraîne. Une infection de site opératoire est nosocomiale si elle survient dans les 30 jours suivant une opération, ou dans l’année qui suit si cette opération a consisté en l’implantation d’un matériel étranger (prothèse, implant…).
Les 4 infections nosocomiales fréquentes
Les quatre grandes catégories d’infection nosocomiales sont souvent associées à un geste médical invasif :
- infections urinaires et sonde urinaire
- infections respiratoires et intubation orotrachéale
- infections sur site opératoire et opération chirurgicale
- infections sur cathéter et voie veineuse
Infections urinaires
Les infections nosocomiales les plus fréquentes sont les infections urinaires, celles-ci étant également les moins graves. Le risque est lié à la présence d’une sonde urinaire, qui permet de vider la vessie lorsque cet acte n’est plus possible (coma, traumatisme médullaire, globe vésical (rétention aiguë d'urine)…). Schématiquement, les bactéries remontent depuis l’extérieur le long du tuyau de la sonde jusqu’à la vessie. Le risque augmente chez les femmes (urètre plus court) et avec la durée du port de la sonde urinaire.
Les infections urinaires nosocomiales peuvent être évitées en réduisant au maximum les durées de sondages urinaires, en respectant une asepsie (propreté vis-à-vis des microbes) totale lors de la pose des sondes et en utilisant des systèmes de sonde urinaires particuliers, dits « systèmes de drainage clos ».
Infections respiratoires
Les plus fréquentes sont les infections broncho-pulmonaires entraînées par une intubation orotrachéale. Ce dispositif est installé pour permettre une ventilation artificielle par machine lors d’un coma par exemple, ou lors d’une opération sous anesthésie générale. Les infections ne sont pas dues directement au matériel, mais le plus souvent sont secondaires à l’inhalation dans les voies aériennes de secrétions oropharyngées (glaires). C’est ce qu’on appelle une pneumopathie d’inhalation. Le risque augmente avec la durée de l’intubation, il est en pratique très faible lors d’une intubation courte, lors d’une opération chirurgicale sous anesthésie générale par exemple.
Il est plus élevé en réanimation car les malades sont intubés plus longtemps.
Les mesures d’hygiène hospitalière habituelles sont un des seuls moyens de prévention. La kinésithérapie respiratoire du malade intubé peut aider à l’évacuation des glaires (aspirées par un appareil). Il serait bénéfique de limiter la durée des intubations orotrachéales, mais celles-ci étant indispensables à la survie de certains patients c’est assez délicat.
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