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Zoom sur les infections nosocomiales

Zoom sur les infections nosocomiales

Infections sur site opératoire

Les infections nosocomiales suite à une opération chirurgicale sont le plus souvent locales (localisées à l’endroit de l’incision) mais elles peuvent être superficielles ou profondes. Les risques augmentent avec la pose de matériel étranger (prothèse, implant), le type de chirurgie (orthopédique, urologique), ainsi que la durée de l’intervention et les maladies sous jacentes du patient (immunodépression).

Les infections nosocomiales sur site opératoire peuvent être limitées par une très bonne préparation de la peau avant l’intervention chirurgicale (lavage à la bétadine, rasage), la prise d’antibiotiques à titre préventif (« antibiothérapie prophylactique ») avant et après l’intervention et l’asepsie des soins de cicatrice après l’opération.

Infections sur cathéter

Un cathéter est un tuyau souple et fin placé dans une veine pour permettre des injections intraveineuses et la mise en place de perfusions. C’est un terme équivalent à « voie veineuse ». La contamination d’une voie veineuse par des bactéries peut se faire lors de la pose du cathéter, par les bactéries présentes normalement sur la surface de la peau, par celles présentes sur la peau des soignants, ou par des germes présents sur le matériel. Le risque augmente avec la durée de maintien de la voie veineuse.

Les infections nosocomiales sur cathéter peuvent être prévenues par une asepsie très rigoureuse lors de la pose des voies veineuses (blouses et gants stériles, comme au bloc opératoire). Les cathéters doivent être changés toutes les 72h (sauf pour les voies veineuses dites « centrales » qui servent notamment à passer certaines chimiothérapies).

Des conséquences catastrophiques

Les germes retrouvés à l'hôpital sont souvent multi-résistants aux antibiotiques habituellement utilisés. On estime que les infections nosocomiales provoquent plusieurs milliers de décès par an, la première cause étant représentée par les infections respiratoires.

Une politique générale de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) est indispensable. Il existe des mesures simples de prévention : utilisation par le personnel soignant de solutions hydro-alcooliques pour se nettoyer les mains, éviter le sondage urinaire, préparation soigneuse et asepsie rigoureuse lors des gestes opératoires ou de la pose des voies veineuses et utilisation intelligente des antibiotiques pour limiter l’apparition de germes résistants et multi-résistants.

Responsabilités légales

Depuis la loi du 4 mars 2002, dite « loi Kouchner », il existe un « régime de présomption de faute », auquel sont soumis les médecins en cabinet et les établissements de santé : La faute est présumée, et c’est à l’établissement ou au médecin d’apporter la preuve qu’il n’y a pas été commis de faute et qu’une information claire et précise sur les risques a été fournie.

Si la responsabilité d’un professionnel ou d’un établissement de santé ne peut être engagée, les préjudices dus à une infection nosocomiale ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale selon certains critères (taux d'incapacité permanente supérieur à 25% ou décès du patient).

Les infections nosocomiales touchent environ 7% des malades hospitalisés. Elles sont de gravité variable, pas toujours évitables, mais provoquent plusieurs milliers de décès annuels. Le renforcement des mesures d’hygiène, l’utilisation réfléchie des antibiotiques et une politique active de surveillance et de lutte des infections nosocomiales sont progressivement mis en place en France. En témoigne notamment les campagnes d’information sur l’utilisation abusive d’antibiotiques et les résistances générées.

Christophe Coste
(Validé par le Dr Jean Marc Bouzeran)


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11-04-2008



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