Violence conjugale, un engrenage infernal
Il paraît logique que lorsqu’un homme et une femme décident de se marier, c’est parce qu’ils s’aiment ou du moins s’apprécient assez pour vivre ensemble. Toutefois, dès la fin de la lune de miel, il arrive que le conjoint se montre jaloux, agressif, voir même violent, à l’égard de son épouse. On parle alors de violence conjugale.
Bien que les violences faites aux hommes existent dans le cadre de la vie conjugale, celles-ci sont sans commune mesure avec ce que les femmes peuvent subir…
Totalement désorientées par le nouveau comportement de leur mari, ces victimes refusent de parler et se renferment sur elles-mêmes.
Pourquoi, sur qui et comment sont-elles commises ? Que faire ?
État des lieux
Alors qu’en Europe, environ 4 millions de femmes subissent chaque année une violence conjugale, elles sont plus de 20 000 en France à avoir porté plainte pour violence conjugale en 1999. Chaque mois, 6 femmes meurent sous les coups de leur mari et tous les jours une femme est victime de violences en France…
Ces agressions sont de diverses formes. De l’insulte, en passant par le chantage affectif et les violences physiques, elles peuvent s’accompagner de rapports sexuels contraints. Cet acte, même réalisé dans le cadre du mariage, est considéré comme un viol au sens de l’article 222-23 du code pénal et c’est près de 50 000 femmes qui en sont victimes chaque années…
En outre, toutes les strates de la société sont concernées. Environ 10% des femmes de chaque couche sociale subissent des violences conjugales. De l’ouvrière au cadre supérieur, il n’y a aucune différence. La seule réelle disparité qui apparaît concerne les chômeuses, les jeunes mariées ou les étudiantes qui sont les plus touchées par ce fléau. Même sans mariage, des violences peuvent survenir et c’est pourquoi la législation française condamne de la même manière les conjoints et les concubins.
Victimes et agresseurs : cause et conséquence
De part leur force physique souvent moindre, les femmes et les enfants sont les plus touchés par la violence familiale. L’agresseur est alors le mari, le concubin ou l’ex-conjoint. Dans plus de la moitié des cas, les violences se déroulent en présence des enfants. Les conséquences que peuvent avoir ces violences sont alors désastreuses.
Chez la mère, des ecchymoses et des fractures peuvent apparaître sur les membres ou sur le crâne. Mais en plus de ces marques physiques, les violences conjugales provoquent de profonds troubles psychologiques chez la victime. Le viol, qui accompagne souvent ces violences, contribue également à ce que la femme se renferme sur elle-même. Elle tombe alors dans un silence permanent et dans une peur constante de son mari. Elle refuse de parler à ses proches et trouve des explications douteuses sur les marques qu’elle porte. Il lui arrive même parfois de s’excuser auprès de son mari pour ne pas être battue…
Chez les enfants, et même lorsqu’ils ne sont pas pris à partie, ces violences causent aussi de graves dégâts. En plus des marques physiques et du repli sur soi, ces enfants ne connaissent qu’une seule façon de s’exprimer. Ils seront donc susceptibles de reproduire le comportement de leur père lorsqu’ils seront adultes.
En effet, dans près de 50% des cas, un mari violent aura lui-même été maltraité lorsqu’il était enfant ; l’alcoolisme est également l’une des causes de ces comportements. En outre, il existe des facteurs déclenchant tels que la précarité, la grossesse, la jalousie, la naissance d’un enfant. Lorsqu’un homme devient violent, c’est souvent parce qu’il souffre mais qu’il refuse d’en parler. Sa faiblesse, face à une situation qu’il ne peut contrôler, pousse son corps à réagir instinctivement et à devenir violent.
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