Gonfler le point G !
L’orgasme féminin est le fruit d’un mécanisme complexe, qui n’a pas livré tous ses secrets et les découvertes scientifiques potentielles sont encore nombreuses. Une technique récente consiste à gonfler le point G pour permettre à certaines femmes d’amplifier la sensibilité vaginale.

De nombreuses femmes maitrisent leur plaisir clitoridien, mais elles sont beaucoup moins nombreuses à éprouver du plaisir par le point G. Ce tissu érectile, riche en fibres nerveuses, est situé à la partie antérieure du vagin, mais il est parfois peu développé.
2 types d’orgasme distincts
Il existe 2 types d’orgasme féminins : si l’orgasme est obtenu uniquement par stimulation clitoridienne, on parle de plaisir clitoridien, le plus connu ; si la stimulation vaginale permet l’orgasme, on parle de plaisir vaginal, souvent vécu comme plus intense et profond. Ce plaisir vaginal est lié à la stimulation d’une zone particulière du vagin, appelée point G.
Injection au niveau du point G
La technique consiste à injecter au niveau du point G de l’acide hyaluronique (substance naturellement présente dans le derme de la peau également utilisé pour combler les rides en médecine esthétique), ce qui le fait gonfler et le rend donc en théorie plus réceptif aux différentes stimulations. Cette substance est résorbable en environ 12 mois. L’acte apporte donc un bénéfice transitoire, en permettant aux femmes de redécouvrir leur sexualité, mais n’est pas définitive.
Une région à risque
Le point G est situé sur la partie antérieure du vagin, juste en arrière de l’urètre (qui va de la vessie au méat, et qui conduit l’urine). Une injection dans cette région est donc à risque de lésion de l’urètre, ce qui peut entrainer des complications à type de fistule (passage d’urine dans le vagin), d’infection ou de sténose de l’urètre (rétention d’urine, douleurs à la miction).

Pour l’instant, aucune preuve scientifique de l’efficacité
A ce jour, aucune étude sérieuse n’a permis de montrer une preuve scientifique de l’efficacité de la technique. Les quelques études effectuées comprenaient un nombre trop faible de femmes pour pouvoir en tirer des conclusions. En effet l’action positive obtenue sur la sexualité de plusieurs patientes ayant subi l’intervention pourrait être liée à un effet psychologique sur la libido.
En l’attente de protocoles expérimentaux de bonne qualité, effectués selon les critères de plausibilité scientifique de la haute autorité de santé, avec un recul suffisant sur les effets secondaires, on ne peut donc pas conseiller d’effectuer cette opération.
L’injection d’acide hyaluronique au niveau du point G est une nouvelle technique, prometteuse, qui pourrait permettre à de nombreuses femmes de retrouver du plaisir par la voie vaginale.
Cependant en l’absence d’étude sérieuse et de recul suffisant sur cette technique, il convient de rester prudent.
Christophe Coste
Validé par le Dr Jean- Marc Bouzeran
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