La fin du médicament Di-Antalvic (Dextropropoxyphène)
Un médicament très utilisé et très populaire va être retiré du marché, il s’agit du dextropropoxyphène . Ce médicament était pourtant le deuxième plus prescrit en France des médicaments remboursables.

Alors, que s’est-il passé ?
2007
Depuis 1965 date de l’ AMM (Autorisation de Mise sur le Marché), nous utilisons ou prescrivons le Dextropropoxyphène. Il s’agit d’un médicament antidouleur ou antalgique central, c’est-à-dire, agissant directement sur le cerveau en général associé au paracétamol qui est un antalgique périphérique et parfois à la caféine. Il est présent dans plus de 36 médicaments en comptant les génériques.
En 2007, la Commission de transparence estimait que le service médical rendu par ce médicament était élevé, ne présentant aucun risque d’intoxication grave en cas d’utilisation « normale » du médicament.
L’ Europe
Depuis 9 ans , en France, 62 décès ont été rapportés où le dextropropoxyphène a été mis en cause. Il a été aussi soupçonné de majorer le risque de suicide chez certains patients.
L’Angleterre, la Suisse et la Suède décident de retirer le médicament du marché dès 2005.
Une évaluation est diligentée au niveau européen et c’est la CHMP (Agency’s Committee for Medicinal Products for Human Use ) qui en est chargée. Ses conclusions sont claires : les doses thérapeutiques du dextropropoxyphene sont trop proches des zones dangereuses, l’efficacité du médicament ne justifie pas les risques pris.
L’EMEA ( European Medicines Agency) publie un texte à Londres le 25 juin 2009 recommandant le retrait du dextropropoxyphene du marché des pays européens. L’AFSSAPS (l’Agence Française de Sécurité Sanitaire et des Produits de Santé) suit immédiatement la décision et annonce le retrait progressif du dextropropoxyphene des pharmacies.
Et vous dans tout cela ?
Si vous êtes sous traitement , ne paniquez pas.
Le Dextropropoxyphene va vous être remplacé par votre médecin traitant soit par du paracétamol simple, soit par une association paracétamol-codéine.
Les médicaments sont ainsi constamment réévalués en fonction des événements recueillis par la pharmacovigilance , il est donc fréquent que les AMM soient révisées des années après la mise en circulation de telle ou telle molécule.
Une chose à noter toutefois : en 2007, la Commission de Transparence, institution à priori indépendante des laboratoires pharmaceutiques, concluait à un SMR élevé ( Service Médical Rendu) bien que de son propre aveu il admettait que lors de l’étude « On ne dispose pas d’étude ayant comparé l’effet antalgique de l’association paracétamol + dextropropoxyphène à celui du paracétamol seul. »
Sur quelle donnée s’était-elle alors basée ?
Dr Frédéric Amarger
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