Halte aux régimes qui dépriment par Michèle Freud
« Une taille en moins ! Maigrir en 5 jours ! Une cure de choc et vous perdez 5 cm par semaine ! »
Le sensationnel rencontre toujours une large audience. Le discours des régimes miracle est certes séduisant, il substitue le rêve, les fantasmes aux contraintes de la réalité.

Aujourd’hui nutritionnistes et diététiciens sont confrontés à un problème insoluble car la diététique ne permet pas de mincir à long terme, mais la demande est telle que la plupart des praticiens continuent à prescrire des régimes plus ou moins draconiens.
Tous sont fondés sur des systèmes manichéens et totalitaires avec les bons aliments à privilégier et les mauvais à éviter. Pour mincir, le discours alimentaire est des plus fluctuants : hier on nous a conseillé de supprimer le sucre, puis de réduire le gras, on a évoqué les heurts et malheurs des sucres lents : pain, pâtes, riz, pommes de terre.
De nouveaux messages sont venus les réhabiliter. Aujourd’hui, on affirme, d’ailleurs à bon escient, que leur absorption éviterait de se ruer sur du sucre rapide, en l’occurrence les pâtisseries, les sucreries, qui se transformeraient en graisse. Toutes ces contradictions n’ont fait qu’accroître notre confusion et notre relation à la nourriture s’est totalement dénaturée.
Depuis les années soixante dix, notre société fabrique des gros et dans le même temps les condamne à maigrir sous peine d’exclusion. Nous sommes tous plus ou moins au régime et, pourtant, il y a de plus en plus d’obèses !
Comme l’attestent des études scientifiques réalisées dans différentes unités hospitalières, 85 à 90 % des personnes en traitement ont repris leur poids d’origine, voire plus, dans les trois à cinq ans qui ont suivi. La majorité des cures se soldent donc par un échec à long terme. Pourquoi après une période de restriction, reprenons-nous tous nos kilos ?
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