Oser s'affirmer Par Michèle Freud
Pour se respecter et apprendre à respecter l’autre, il importe de définir ses limites personnelles, savoir défendre son territoire, son « espace vital ». L’espace vital est la distance adéquate entre vous et les autres, celle dans laquelle vous vous sentez le mieux pour établir une communication de qualité. La façon d’occuper l’espace réglemente et structure les relations sociales. Ces distances sont variables et dépendent du contenu du message mais aussi des personnes, de leur niveau de relation et de leur culture. L’utilisation de l’espace interrelationnel relève de différences culturelles : les Japonais par exemple se saluent à distance, sans se toucher, les Brésiliens pratiquent l’accolade dans un corps à corps affectueux, les Français se serrent la main ou s’embrassent sur les joues. A travers le choix de la zone de communication, nous procurons des informations sur nos comportements et nos intentions. En s’approchant ou en s’éloignant de quelqu’un, on révèle toujours quelque chose de soi-même, son appartenance culturelle ou sociale, mais également sa froideur, sa convivialité, son embarras, son agressivité etc. Nous disposons tous, en fonction de notre personnalité, d’une zone privilégiée dans laquelle nous nous sentons plus en confiance. Certaines personnes ne communiquent que dans la zone intime, en serrant le bras ou l’épaule de leur interlocuteur, signifiant qu’elles ont un réel besoin de contact physique pour communiquer. D’autres, au contraire, reculent instinctivement dès que l’on cherche à pénétrer dans leur zone intime ou personnelle, dans un souci de protection d’une éventuelle intrusion dans leur intimité Si une personne s’éloigne de quelqu’un en se déplaçant vers une zone publique ou sociale, il est clair qu’elle cherchera à marquer des distances. Si elle tente de pénétrer dans la zone intime de son interlocuteur, elle chargera son message d’un contenu affectif plutôt que relationnel, encore que celui puisse être interprété comme une manipulation ou un jeu de pouvoir. Ce genre de message peut très bien s’établir en position assise, en éloignant ou en rapprochant sa chaise de son interlocuteur, ou encore, dans un geste de fermeture ou d’ouverture de bras ou de jambes. La compréhension de ces rapports détermine pour une large part le succès ou les difficultés dans la communication. Nous véhiculons notre espace vital que nous délimitons aux yeux des autres.
À qui vous adressez-vous ?
Certaines distances vous conviennent mieux que d’autres, elles sont fonction de votre degré d’intimité avec autrui, du contexte, mais aussi du message que vous aurez à véhiculer. Dans certains cas, si vous êtes trop proche, (dans un rapport supérieur subordonné par exemple), vous pouvez vous sentir submergé, dévoré ou déstabilisé par votre interlocuteur, il vous faut donc vous éloigner. A l’inverse, si vous êtes trop distant, vous risquez de vous sentir trop faible ou désarmé pour faire face, il faudra donc vous rapprocher.
Pour éviter toute tentative de manipulation ou jeu de pouvoir, il est nécessaire de savoir à qui vous avez à faire. Prenez la mesure de votre interlocuteur. Vous paraît-il amical ou agressif, réservé ou exubérant, sincère ou hypocrite ? Observez son comportement :
– Quelle zone préférentielle utilise t-il dans la conversation ?
– Y a t-il une cohérence entre la zone dans laquelle il se tient et ce qu’il dit ?
– Reste t-il toujours dans la même zone quel que soit l’interlocuteur ? Ou a t-il tendance à pénétrer systématiquement dans votre zone intime sans y être invité ?
Autant de questions de nature à mieux appréhender le mode de communication de vos interlocuteurs.
Savoir trouver la bonne distance
Pour vous sentir bien dans votre rapport à l’autre, testez et vérifiez dans la réalité, l’espace idéal dans lequel vous vous sentez le plus à l’aise et surtout le moins déstabilisé.
Trouver la bonne distance rend possible une certaine mobilité dans la relation ; les réajustements permettant de renvoyer l’autre dans des cercles plus lointains ou, au contraire, de l’accueillir dans votre intimité afin de faire passer votre message plus aisément. Dans tous les cas, cela renforce votre sentiment de sécurité intérieure et votre confiance en vous.
Si par exemple, au bureau, l’un de vos collègues vous interpelle devant la machine à café en vous prenant par le bras pour vous demander de le remplacer pour une tâche précise, commencez par faire un pas en arrière avant de lui répondre. L’espace créé entre vous atténuera l’atmosphère de complicité et vous rendra moins vulnérable pour donner votre réponse. Si vous êtes confronté à une situation difficile où il vous faut dire non avec quelques ménagements, vous rapprocher de la personne peut atténuer la brutalité de votre réponse, elle sera compensée par la proximité physique.
Dans ces deux exemples, plus de distance donne plus de force, moins de distance adoucit le choc.
Pour progresser sur le chemin de l’affirmation de soi, il s’agit avant tout d’oser ! Ayez une conscience accrue de vous-même, de vos sentiments, de vos convictions, de vos limites et persuadez-vous que vous disposez des ressources nécessaires comme le courage, la ténacité et l’énergie pour faire face à une situation. C’est une question de confiance, cela se travaille, se cultive dans des situations du quotidien.
Pour mieux communiquer, apprenez à exprimer avec clarté, fermeté et souplesse votre opinion, votre ressenti, vos désirs, à faire respecter vos droits en accord avec votre réalité interne en respectant aussi ceux des autres.
Voici quelques conseils pour y parvenir
|
 |
|