Du bon usage des émotions par Michèle Freud
Chaque émotion a son utilité. Nous disposons de quatre émotions de base : la joie, la colère, la peur, la tristesse.
La joie est source de motivation, de vie, c'est un moteur.
La peur signale un danger qui nécessite la mise en place d'une protection ou d'une nouvelle stratégie d'adaptation.
La tristesse marque une étape, une période de vie. Elle est la réaction adéquate chaque fois que nous devons tourner une page, faire un deuil. Si la tristesse était une émotion interdite dans notre code familial, parce qu'elle entrait par exemple en résonance avec le chagrin non liquidé des parents, elle risque de nous figer dans la réprobation ou le déni
La colère sert à défendre notre territoire, nos valeurs, à trouver et à instaurer des limites. Elle est l'émotion la plus réprimée, la plus pernicieuse aussi..
Lorsqu'elle n'a pu s'extérioriser, la colère reste confinée dans notre mémoire, tapie dans les profondeurs de notre inconscient. Sous l'emprise de cette émotion refoulée, nous réagissons alors à une situation assez banale par une colère disproportionnée, au point d'en perdre tout discernement, toute objectivité. Un mot, une attitude d'un interlocuteur est susceptible de déclencher un déferlement d'émotions, celles précisément que nous avons emmurées durant des années.
« La rage intérieure de la petite fille de 5 ans qui s'est sentie abandonnée par sa mère, s'est mise à gronder lorsque mon mari m'a quittée. Cette colère restée stockée s'est traduite pendant des années par des kilos en trop.
Aujourd'hui, elle s'est exprimée avec une telle violence que j'ai compris qu'elle balayait toutes ces années de colère rentrée » raconte Maya.
Certains parents, eux-mêmes coupés de leur propre colère, ne tolèrent aucune manifestation intempestive chez leurs enfants. Dire sa colère, c'est l'abréagir, c'est aussi pouvoir accueillir celle des autres. Si les parents nient leurs propres émotions, elles submergent alors les enfants qui en sont porteurs, d'où l'intérêt de reconnaître si ces émotions sont bien les nôtres. Il arrive que nous soyons pollués par des situations humiliantes du passé que nous n'avons pas liquidées.
En effet, des liens complexes et ténus nous rendent quelquefois responsables d'une histoire qui n'est pas la nôtre et nous héritons souvent d'un bagage inconscient lié aux émotions refoulées par nos aïeux. Ces événements, à défaut d'avoir trouvé une issue satisfaisante, sont restés gravés dans la mémoire ou stockés dans le corps.
D'autres émotions influencent encore nos comportements :
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