Névrose familiale et Symptôme : Lever la loi du silence (par Michèle Freud)
Du mythe d'Odipe en passant par les intrigues chères à Molière, Pagnol ou Hergé, les secrets de famille ont toujours été une source d'inspiration constante.
Ils sont aujourd'hui dévoilés au grand jour, à travers des «livres-confessions» des émissions de télé-réalité, ou encore au cinéma. Ainsi, «Festen», le film de Thomas Vinterberg mêle le thème de l'inceste à celui de la vérité où le héros, profitant d'une réunion de famille, divulgue à l'assemblée le viol commis par son père lorsqu'il était enfant.
Deuil, naissance ou origines dissimulées, ces témoignages participent tous de la révélation de traumatismes enfouis et renvoient à la source de nos conflits avec, en filigrane, l'envie impérieuse de se décharger d'un fardeau trop pesant.

Chaque famille détient ses secrets, certains, chargés d'humour, inoffensifs ou anecdotiques contribuent à affermir la notion d'identité personnelle ou à définir les frontières, d'autres sont réellement toxiques et empoisonnent toutes les facettes d'une existence.
Le secret de famille toxique possède trois caractéristiques :
• Il est dissimulé,
• Il est interdit de le connaître,
• Il provoque une souffrance chez un membre de la lignée.
Suicide, folie, viol, inceste, maladie non recevable, mort ignominieuse, homosexualité, stérilité, sida, autant de dessous dont l'existence est tue. Il y a aussi toute la gamme des crimes et des condamnations, les faillites et les escroqueries non reconnues, les échecs professionnels, le chômage.
Ces histoires de famille susceptibles d'exister depuis plusieurs générations et que l'on prend bien soin de cacher constituent des secrets toxiques. Ils anéantissent les relations, réduisent l'énergie psychique et favorisent l'anxiété.
Rapports frustrants ou encore, absence de contact, se répètent à l'infini et perpétuent un réel malaise où l'incapacité de parler est tangible.
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