Savoir gérer ses peurs (Michèle Freud)
Notre cerveau connaît notre histoire, notre vécu, nos expériences. C’est lui qui structure nos pensées et déclenche nos émotions. Ce qui nous fait peur, c’est la représentation que nous nous faisons des choses. Nos peurs sont la pure production de notre propre esprit et de notre imagination.
À la simple vue d’une souris, ma mère s’évanouissait. « Pour moi, c’est pareil, mon cœur s’emballe, bat à tout rompre, j’ai même l’impression qu’il s’arrête. Je ne peux plus rien faire. Il n’est pas question de transmettre cet héritage à ma fille ! » Confie Adèle.
Le conditionnement, bien que fréquent, n’est pas systématique et n’a pas la même répercussion chez chacun. Certains ont connu de semblables expériences lorsqu’ils étaient enfants et les ont refoulées dans l’inconscient ; d’autres, un jour, à l’occasion d’un incident, les exhument soudainement.
Le cerveau émotionnel ne désapprend pas aisément la peur, aussi les événements traumatiques du passé sont-ils prêts à se réactiver à défaut d’exercer une vigilance. Ainsi, une image, une odeur, une sensation physique ayant un lien avec l’événement traumatique peut suffire à déclencher la totalité du souvenir douloureux de façon plus ou moins violente.
Tout se passe comme si le cerveau cognitif, celui de la raison, n’arrivait plus à établir de contact avec le cerveau émotionnel atteint par le traumatisme. Lorsque les fonctions cognitives sont défaillantes, elles se révèlent incapables de fournir une réponse adéquate.
La peur met en jeu le système nerveux sympathique qui pousse à agir. Cette fonction adaptive a pour but d’alerter et de mettre en éveil afin de trouver une solution à une problématique. Si cette peur se répète trop souvent ou perdure, les hormones du stress produites essentiellement par les glandes surrénales épuisent le corps, nos pensées se bousculent, nous en perdons le contrôle et nous devenons de plus en plus vulnérables avec le risque de déclencher une peur chronique.
Une peur chronique est caractérisée par une anxiété généralisée, ou une phobie qui est une peur spécifique (araignées, rongeurs, ascenseurs, etc.) ou même devenir un trouble obsessionnel compulsif (comme la peur de la maladie ou de la foule) qui entraîne la personne dans des rituels obsessionnels pour éviter d’enter en contact avec l’objet de sa peur.
Si l’évitement, caractéristique principale de la phobie, est le moyen de se soustraire à une situation anxiogène, il n’est pas sans conséquences et ne garantit pas une vie plus aisée. L’énergie psychique dépensée est considérable et peut être responsable de toutes sortes de comportements irrationnels.
Des peurs excessives peuvent générer des symptômes physiologiques comme par exemple l’impression de ne plus pouvoir respirer. La respiration étant vitale, le cerveau interprète cela comme un danger de mort imminent. Ainsi naissent les crises de panique qui sont vécues dans une indicible souffrance, le cerveau ayant donné une information de danger de mort.
Se libérer des peurs
La peur est associée à un état de tension et à une respiration accélérée.
La relaxation musculaire est associée à un rythme respiratoire ralenti. Lorsque la respiration est lente et le corps détendu, il est difficile de ressentir la peur. Le corps et l’esprit fonctionnent de façon interdépendante, la relaxation musculaire favorise la détente mentale et vice-versa.
De même, lorsque nous sommes absorbés par une activité, nous ne percevons pas la peur. Si nous libérons l’esprit de cette action qui monopolisait notre attention, elle risque de resurgir. Ce sont donc bien les pensées qui sont responsables de nos peurs, pensées qui s’élaborent à partir de la mémoire, or la mémoire concerne le passé. Ainsi, pour agir efficacement sur la peur faut-il diriger sa pensée vers des images ou sensations positives.
|
 |
|