La pression au travail, cause de suicides ?
L’actualité récente a été marquée par le 25e suicide d’un salarié de France Télécom en l’espace de 2 ans et 1 décés récent d'un salarié de La Poste : le tabou est brisé alors que les médecins du travail dénoncent depuis des années les conséquences de la pression au travail.

Plus que jamais, le travail devient synonyme de stress voire de harcèlement moral. Le point sur les raisons qui conduisent des employés en détresse à ces gestes désespérés.
Suicides : la série infernale
La succession de suicides au sein de France Telecom fait renaitre la polémique apparue en 2008 après 3 suicides successifs au technocentre Renault à Guyancourt.
L’épidémiologie du suicide est très complexe car chaque cas individuel possède sa myriade de facteurs déclenchants et aggravants. Cependant les cas suscités ont une particularité : ils sont très clairement rattachés aux conditions de travail : les gestes suicidaires ont lieu sur le lieu d’activité, et les dernières lettres de certaines victimes explicitent ce lien.
Facteurs de risque de suicide
Devant la complexité des facteurs conduisant au suicide, les travaux de Rihmer ont conduit à la création d’une classification des facteurs de risques de suicide, admise par l’OMS. Ils sont rangés en 3 catégories :
Facteurs de risque primaires : ils ont une forte valeur prédictive du risque suicidaire :
- troubles psychiatriques (quel que soit leur type, mais avec une prédominance des syndromes dépressifs, des troubles psychotiques et de l’alcoolisme chronique)
- antécédents personnels et familiaux de tentative de suicide
- impulsivité
- intention suicidaire clairement exprimée
Facteurs de risques secondaires : ils n’ont une valeur prédictive qu’en cas de co-existence de facteurs de risques primaires :
- perte parentale précoce
- chômage
- isolement social
- événements de vie négatifs, notamment stress au travail et harcèlement moral
- difficultés financières
Facteurs de risques tertiaires - plus anecdotiques - qui prennent une valeur uniquement en cas de présence de facteurs de risques primaires et secondaires : adolescence, sexe masculin, sujets âgés…
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