En savoir plus sur les thérapies familiales
Vivre à deux ou à plusieurs n’est pas toujours évident. Des problèmes sous-jacents, des non dits peuvent totalement perturber l’équilibre du couple ou de la famille. La thérapie familiale vise à rééquilibrer un groupe familial en souffrance.

Après plusieurs années de mariage un couple se déchire ; après une enfance tout à fait normale, un des enfants se met à adopter un comportement parfaitement étrange. Les raisons ne dépendent pas forcément d’un individu en particulier dans la famille. Tout le monde peut être en cause. Explications des problèmes que peuvent rencontrer les familles et des solutions que propose la thérapie familiale.
La thérapie de couple
Lorsque deux individus se mettent en couple, c’est l’amour qui les unit. Et alors que tout se passait bien dans les premières années de la relation, il arrive parfois que les partenaires se mettent à se déchirer sans raison apparente.
Certains couples connaissent également une insatisfaction en présence du conjoint alors qu’elle n’avait jamais existé auparavant. Si chacun des membres du couple souhaite améliorer les choses, ils peuvent demander à suivre une thérapie de couple. Il faut, en effet, que la démarche soit libre et non imposée par l’un des conjoints. La thérapie ne peut fonctionner que s’il y a une réelle volonté de changement.
En premier lieu, chaque membre du couple rejette la faute sur l’autre et attend que ce soit cet autre qui change. Lors d’une crise de couple, chaque conjoint pense avoir le juste comportement et considère (parfois à tort) que c’est à l’autre de modifier sa conduite. Le rôle de la thérapie est de mettre en évidence chacune des personnalités des conjoints afin qu’ils considèrent l’autre comme une entité à part entière. Les conjoints sont également conduits à une introspection personnelle dans cette démarche : ils doivent analyser leur comportement individuel. Au fur et à mesure, ils se rendent compte que l’autre n’est pas le seul fautif et que les problèmes proviennent d’un tout.
Les comportements menant aux disputes et aux situations insatisfaisantes voire insupportables seront également pointés du doigt. Les partenaires (époux ou concubins) réalisent alors quelles attitudes ou situations les mettent en état de stress et de conflit. En parallèle, ils doivent chercher quels étaient les moments où ils se sentaient parfaitement bien. Ainsi, ils apprennent à privilégier plutôt telle ou telle situation en remplacement de celle déclenchant le malaise.
Parfois, des problèmes parentaux peuvent être à l’origine des difficultés de couple. Il se peut que les parents d’un des conjoints voire des deux avaient également des problèmes ou avaient un comportement vis à vis des enfants à la source de leurs problèmes relationnels actuels. Ainsi, la thérapie de couple permet de surpasser de tels traumatismes liés à l’enfance et à l’adolescence.
La thérapie de couple peut être pratiquée par un conseiller conjugal ou un psychanalyste. Le premier n’a pas suivi de formation psychologique à l’origine de son cursus mais a ensuite étudié les rapports entre homme et femme.
Il intervient généralement quand l’un des membres du couple entame une procédure de divorce. Le psychanalyste est, quant à lui, un spécialiste des comportements et des relations humaines.
La thérapie familiale proprement dite
Comme au sein d’un couple, les relations entre tous les membres de la famille sont fondamentales dans les rapports des individus entre eux et au monde. Il peut arriver qu’après avoir eu des relations tout à fait normales avec toute la famille, l’un des enfants se mette à avoir un comportement étrange voire pathologique : échec scolaire, dépression, phobie, comportements alimentaires anarchiques, deuil, délinquance, tentative de suicide, etc...
Généralement, les parents pensent que le problème provient de l’enfant lui-même. Mais la modification de son attitude peut être le symptôme d’un malaise qui atteint toute la famille.
En effet, les enfants sont particulièrement sensibles à leur entourage familial. Ainsi, lorsqu’il perçoit une anomalie dans les relations parentales ou entre frères et sœurs, il peut développer un comportement révélateur de son propre malaise.
Chaque famille est unique et a ses propres règles de vie. Mais parfois ces règles ne sont pas adaptées au caractère de chacun. En outre, un héritage relationnel difficile peut déclencher des difficultés comportementales chez les enfants. Ainsi, tout le monde peut être à l’origine du malaise d’un enfant.
La thérapie familiale vise ainsi à mettre en évidence les interrelations qui existent entre tous les membres de la famille. Le thérapeute peut ainsi demander à rencontrer, durant les premières séances, grands-parents, parents, frères et sœurs accompagnés de l’enfant en difficulté. Cela lui permet de comprendre comment fonctionne cette famille, quelles règles sont suivies et éventuellement, quels comportements ont pu induire des problèmes chez les parents et, par répercussion, sur les enfants.
Pour cela, deux types de thérapies existent :
- La thérapie familiale psychanalytique étudie chaque membre de la famille individuellement pour comprendre les interrelations familiales. Elle permet de mettre l’accent sur les conflits psychiques que les parents ont pu accumuler depuis leur enfance et qui posent problème dans leurs relations avec les enfants.
- La thérapie systémique, quant à elle, tient compte des structures qui composent la famille. Il s’agit de déterminer comment les parents se sont rencontrés, les réactions au moment de la naissance des enfants. L’adolescence que ce soit des parents ou des enfants, le départ du cocon familial et l’impact du vieillissement sur chaque individu sont également étudiés. Ainsi, l’histoire de la famille est essentielle pour comprendre son fonctionnement actuel.
Ce type de thérapie fait intervenir deux psychanalystes qui participent activement à chaque consultation.
L’un anime les débats de la famille tandis que l’autre reste un peu en retrait en prenant des notes. Il sert de soupape de sûreté au premier afin qu’il ne manifeste pas de préférence pour l’un des membres de la famille. Ils analysent ensuite ensemble le contenu des conversations et s’en servent à chaque nouvelle consultation pour faire évoluer les débats et faire ressortir quelle est l’origine du problème. Ainsi, peu à peu, les membres de la famille se rendront compte de leurs comportements individuels vis à vis des autres et apprendront à les modifier. Les règles de vie sont au centre des débats. La famille peut être poussée à les changer si ce sont elles qui sont problématiques. La famille étant un système autorégulé, un déséquilibre relationnel la rend fragile.
Les thérapeutes visent alors à rééquilibrer les liens familiaux.
Consultations : prix et fréquences
Qu’il s’agisse de thérapie de couple ou de thérapie familiale, les consultations durent entre 1h et 1h30. Selon la gravité de la situation, elles ont lieu de 1 à 2 fois par mois. En cas de grave crise, les rendez-vous peuvent être rapprochés (2, 3 à 4 séances par mois). Le nombre de consultations dépend de l’évolution de la situation. En effet, chaque individu étant différent, chaque situation l’est également. Les thérapeutes fixent généralement un nombre initial de rendez-vous (autour de 10) qu’ils peuvent réduire ou augmenter si les relations au sein du couple ou de la famille s’améliorent rapidement ou au contraire lentement.
Le prix d’une consultation varie entre 50 et 150 Euros : il est fonction du thérapeute choisi mais également du type de thérapie (systémique, psychanalytique…). Dans certains cas, le coût peut être en partie remboursé par la sécurité sociale.
Les relations dans des entités telles que le couple ou la famille sont essentielles. Elles constituent le cadre quotidien des individus. Ainsi lorsqu’elles sont déséquilibrées, de profonds malaises peuvent se développer et rendre insupportable la vie à plusieurs. Les thérapies familiales mettent en évidence de tels problèmes et permettent de les surmonter afin que chaque membre de la famille retrouve sa stabilité.
Sophie Noachovitch
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
Contacts utiles :
Conseil National de l’Ordre des Médecins : www.conseil-national.medecin.fr ou au 01 53 89 32 00
Association française de psychiatrie - Syndicat des psychiatres français : 01 42 71 41 11
Société Française de Psychologie (SFP) : www.sfpsy.org
Syndicat National des Psychologues : www.psychologues.org
Syndicat national des praticiens en psychothérapie (SNPPSY) : www.snppsy.org
Association française des psychanalystes psychologues cliniciens (AFPPC) : 01 45 33 45 35
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