Ablation des amygdales : quand est-ce le bon moment ?
Angines à répétition, mauvaise haleine persistante sont autant de raisons pour procéder à l’ablation des amygdales. Toutefois, si cette intervention était courante il y a encore une vingtaine d’années, elle n’est aujourd’hui réservée qu’aux cas bien particuliers.

On a souvent pensé à tort que l’ablation des amygdales devait être effectuée pour plus de tranquillité. Hors, cette opération peut aujourd’hui être évitée. La raison principale : les angines, qui mieux repérées et traitées, s’avèrent moins fréquentes.
Sans compter que les amygdales (petites formations lymphoïdes situées au fond de la bouche) participent à la défense de l’organisme contre les bactéries et les virus, grâce à la production de lymphocytes et d’anticorps.
Dans quels cas faut-il enlever les amygdales ?
Il est rare qu’une ablation des amygdales soit proposée avant l’âge de 3 ans (sauf dans des cas très particuliers), celle-ci étant davantage pratiquée entre 4 et 8 ans. Elle reste néanmoins possible chez l’adulte. Les indications conduisant à une amygdalectomie sont bien spécifiques :
• Les angines streptococciques à répétition : si malgré certaines mesures (traitement antibiotique, arrêt du tabac, changement de mode de garde pour l’enfant), les angines persistent encore, c’est au spécialiste ORL ou au pédiatre de choisir l’amygdalectomie.
• L’amygdalite chronique (inflammation aigue des amygdales) : surtout présente chez les enfants âgés d’une dizaine d’années, elle constitue un foyer d’infections (dans les cas les plus graves, un endommagement des valves du cœur, des reins ou des articulations) dont les symptômes sont principalement des douleurs au niveau du pharynx, des maux de gorge, une hypertrophie, des difficultés pour déglutir, une mauvaise haleine ainsi qu’une fièvre entre autres. Elles sont récurrentes et difficiles à traiter.
• Les amygdales obstructives : dans le cas où les amygdales sont trop volumineuses, elles peuvent gêner la respiration et entraîner des apnées du sommeil.
• Dans le cas d’une amygdale gonflée chez un fumeur : afin d’écarter tout risque de cancer, mieux vaut procéder à l’ablation suivi d’un examen approfondi.
• En cas d’abcès (ou phlegmon) au niveau des amygdales, on procède à l’ablation mais uniquement en cas de récidives.
Ablation des amygdales et déroulement de l’intervention
L’ablation des amygdales se réalise en dehors d’une période d’infection, sous anesthésie générale. Avant l’intervention, il est conseillé de pratiquer un examen de la gorge. La durée d’hospitalisation qui s’ensuit ne dépasse pas 24 heures.
Par contre, les suites opératoires sont assez douloureuses (difficultés pour avaler etc.) et il est indispensable d’accompagner la convalescence d’un traitement à base d’antalgiques.
Enfin, les complications hémorragiques sont possibles mais très rares (2 cas sur 100 environ). Si tel est le cas, elles apparaissent dans les heures qui suivent l’intervention ou bien plusieurs jours après, lorsque la croûte qui recouvre la plaie se détache.
Si une hémorragie (saignement en grande quantité) survient, il est impératif de consulter au plus vite un médecin ou d’aller aux urgences de l’hôpital le plus proche.
L’ablation des amygdales est une intervention chirurgicale moins pratiquée mais tout aussi bien maîtrisée, avec peu de complications. Si les amygdales jouent un rôle bénéfique pour lutter contre certaines infections du nez et de la gorge, d’autres défenses peuvent venir prendre le relais par la suite.
Emilie Lefèvre
(Validé par le Dr Eric LIM)
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