L’anorexie mentale : un refus pathologique de manger
L’anorexie mentale, de même que la boulimie, fait font partie des troubles des conduites alimentaires. A forte prédominance féminine, elle touche surtout les adolescentes, parfois les jeunes adultes mais également les enfants. Il est important de la repérer afin de permettre une prise en charge psychiatrique adaptée. Explications.
L’anorexie mentale se définit comme un refus de la nourriture avec un amaigrissement rapide important et une absence de règles (aménorhée). Des facteurs psychologiques, culturels et/ou familiaux sont à l’origine de ces troubles, qui peuvent également entraîner de graves problèmes de santé.
Les symptômes de l’anorexie mentale chez l’enfant ou l’adolescent
L’anorexie mentale se traduit par une diminution de l’alimentation, de façon volontaire. La sensation de faim est forte au début mais combattue, puis elle diminue progressivement, en restant malgré tout présente.
L’enfant opère alors une sélection alimentaire, avec un calcul des calories : il participe à la préparation des repas et montre aussi un intérêt certain pour la cuisine. Autant de conduites qui restent plutôt rares à cet âge et donc assez révélatrices.
Une hyperactivité physique (sportive) et intellectuelle (excès de travail avec parfois une baisse des résultats scolaires), une diminution du temps de sommeil et de détente, ainsi qu’un isolement social (moins de contacts avec ses amis) sont d’autres symptômes généralement observés.
Tout cela peut s'accompagner, souvent en cachette, de vomissements provoqués, de prise de laxatifs ou de diurétiques. Des comportements boulimiques peuvent être associés.
L’amaigrissement est alors important (au moins 25% du poids initial), mais accompagné d’un déni de la maigreur : la perception de l’image du corps est modifiée, avec la conviction de l’enfant d’être toujours plus grosse qu’il ne l’est en réalité ainsi que la peur de devenir obèse.
Retentissements sur sa santé physique
L’amaigrissement a des conséquences physiques rapides sur la santé de l'adolescente, semblables à celles de l’adulte :
- Sa peau devient sèche, ses cheveux tombent, avec parfois l’apparition d’un fin duvet sur la peau (lanugo)
- Déshydratation
- Sa dentition se détériore
- Il ou Elle peut aussi souffrir d’hypotension artérielle, de bradycardie (le cœur bat plus lentement) et d’hypothermie
- Les adolescentes souffrent également d’une absence de règles
Des examens sont alors nécessaires, tels que la réalisation d’un électrocardiogramme qui recherche avant tout une hypokaliémie (baisse du taux de potassium dans le sang provoquée par les vomissements ou la prise de laxatifs et diurétiques), qui peut avoir de graves conséquences au niveau cardiaque.
Une prise de sang permettra de contrôler les taux de divers ions dans le sang, le dosage des hormones thyroïdiennes et sexuelles montrera s’il existe une perturbation hormonale liée à la dénutrition.
Enfin, des radiographies osseuses sont réalisées à la recherche d’ostéoporose, susceptibles de provoquer des fractures.
Traitement et évolution de l’anorexie
Le traitement de l’anorexie mentale est long et nécessite parfois une hospitalisation.
Elle consiste en une psychothérapie et un traitement des symptômes physiques.
L’hospitalisation est nécessaire lorsque le poids descend en dessous d’un certain seuil, dans un service de psychiatrie.
Un contrat de poids est alors passé, qui consiste à surveiller l’Indice de Masse Corporelle (poids/taille²). Pour cela, un régime calorique est mis en place, ainsi qu’une séparation stricte avec la famille et les amis : des objectifs de poids sont alors établis, qui donnent droit à des compensations.
Un entretien avec la famille est réalisé et une psychothérapie est alors mise en place. Quand cela est nécessaire, des antidépresseurs peuvent être prescrits.
Parallèlement, un suivi biologique et des soins sont apportés en cas de troubles physiques.
Au long cours, un suivi à domicile est institué avec la mise en place de psychothérapies individuelle et familiale ainsi que d’un suivi médical. Des techniques de relaxation peuvent également jouer un rôle important.
Lorsque la maladie est prise en charge par une hospitalisation, la durée d’un épisode est de 3 à 8 mois. La guérison est alors définitive dans 1/3 des cas.
L’anorexie mentale peut évoluer de manière chronique dans 1/3 des cas, et il existe 1/3 de formes graves.
La guérison est évaluée par l’amélioration de la vie sociale et affective, la disparition du refus de s’alimenter et de l’amaigrissement et le retour des règles concernant les adolescentes.
L’enfant est alors également capable de reconnaître ses troubles et de les critiquer.
L’apport de la psychothérapie, un soutien familial, le maintien des relations sociales sont autant de facteurs qui contribuent à la guérison de l’anorexie mentale, chez l’adulte comme chez l’enfant. Multifactorielle, elle peut parfois être associée à des conduites boulimiques et nécessite une prise en charge précoce et adaptée.
Elodie Le Royer
(Validé par le Dr Jean Marc Bouzeran)
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