Pilule du lendemain, mode d’emploi
Rencontre inattendue, préservatif défaillant, oubli de contraception, tous ces aléas de la vie peuvent conduire à l’angoisse d’une grossesse non désirée. La pilule du lendemain permet de répondre efficacement à cette incertitude.

La probabilité d’une grossesse après un rapport sexuel non protégé est de l’ordre de 7%, mais ce chiffre varie énormément d’une femme à l’autre et dépend notamment de l’âge. La prévention est alors de mise. Eclaircissement sur l’utilisation de ce contraceptif d’urgence.
Pilule du lendemain, ça fonctionne comment ?
La pilule du lendemain ou contraception d’urgence est un contraceptif d’exception et doit toujours être considéré comme tel. Elle permet d’éviter une grossesse non désirée lors d’un rapport sexuel non protégé. Il s’agit, selon le produit délivré (NorLevo, Tétragynon) d’un ou de deux comprimés contenant une hormone progestative qui crée un climat utérin défavorable aux spermatozoïdes. Elle empêche ainsi la fécondation de l’ovule.
La pilule du lendemain peut être administrée jusqu’à 3 jours après le rapport non protégé, mais son efficacité est beaucoup plus importante dans les 24h : elle limite alors à 95% le risque de grossesse. Son impact est plus faible ensuite : environ 85% entre 24 et 48h puis de seulement 58% entre 48 et 78h. Il faut donc la prendre le plus rapidement possible.
Si son utilisation ne comprend aucune contre-indication, elle peut néanmoins entraîner quelques effets secondaires tels que des nausées, des maux de tête, des vertiges, des tensions des seins, des douleurs dans le bas ventre, des saignements avant la date des règles ainsi qu’une fatigue générale. Mais tous ces symptômes sont sans gravité et s’estompent rapidement. Les règles proprement dites arrivent parfois avec un peu de retard. Au-delà d’une semaine, il faut faire un test de grossesse et consulter son médecin.
La pilule du lendemain, avec parcimonie
Des rapports sexuels occasionnels n’impliquent pas nécessairement la prise d’un contraceptif mensuel (pilule ou stérilet). La pilule du lendemain permet de parer à toute éventualité de grossesse non désirée. Ainsi, si le rapport n’est pas protégé, si le préservatif s’est déchiré ou si tout simplement la prise de la pilule a été omise, il est possible de prendre cette contraception d’urgence. Mais elle doit toujours rester exceptionnelle parce que, si elle prévient les risques de grossesse, elle ne protège en aucun cas contre les infections sexuellement transmissibles (IST). Le préservatif est le seul moyen efficace dans ce domaine…
En outre, trop de jeunes filles prennent l’habitude de prendre la pilule du lendemain quasiment comme un contraceptif normal. Elles ont sans doute peur de révéler à leurs parents leur vie sexuelle et de réclamer une consultation gynécologique. Elles doivent savoir qu’elles peuvent néanmoins le faire sans en parler à leur famille, des plannings familiaux conservent une discrétion absolue sur les entretiens que les médecins peuvent avoir avec les jeunes qui viennent les consulter.
Se procurer la pilule du lendemain
Il est aujourd’hui possible de dispenser gratuitement la pilule d’urgence aux mineures. La loi qui l’autorise cherche notamment à pallier le trop grand nombre d’interruptions volontaires de grossesses (IVG) chez les jeunes filles. Elles sont en effet entre 6 000 à 10 000 à pratiquer l’avortement avant 18 ans pour 200 000 par an en France.
Elles peuvent se la procurer à l’infirmerie de leur établissement scolaire et pour toutes les autres femmes, chez le pharmacien ou dans un planning familial. Dans tous les cas, la personne consultée doit délivrer tous les conseils d’utilisation de la pilule du lendemain. Elle doit également expliquer comment se transmettent les IST et donner éventuellement les coordonnées des plannings familiaux, pour plus d’informations. Le but est de sensibiliser la personne face aux risques qu’elle encoure afin qu’elle adopte une attitude beaucoup saine et préventive dans ses rapports sexuels.
Lors d’un rapport non protégé, la pilule du lendemain est le premier réflexe à adopter pour se prémunir d’une grossesse non désirée. Elle est facile d’utilisation et ses effets secondaires sont minimes. Elle ne doit pourtant pas devenir une habitude, la pilule restant une contraception beaucoup plus régulière et efficace. En outre, elle ne dispense pas de se protéger des IST. A bon entendeur…
Sophie Noachovitch
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
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