Les bébés éprouvettes, pas de différence !
Il y a presque 30 ans naissait Louise Brown, le 1er bébé éprouvette, suivie en 1982 par Amandine, 1er bébé français née grâce à la fécondation in vitro. Le recours à la FIV a permis depuis à de nombreux couples souffrant d’infertilité d’avoir des enfants : ainsi, 100 000 naissances ont lieu chaque année grâce à cette méthode.

Définition des techniques
Un bébé éprouvette naît lorsqu’un couple de parents infertiles décide d’avoir recours à l’assistance médicale à la procréation (AMP). Elle utilise en particulier les méthodes de fécondation in vitro et transfert d’embryon (FIVET) et l’ICSI (Intra Cytoplasmic Sperm Injection). Ainsi, la FIV permet de reproduire en laboratoire les premières étapes de développement de l’embryon : elle nécessite une stimulation ovarienne avec recueil d’ovocytes, qui sont ensuite mis en présence d’un nombre suffisant de spermatozoïdes, afin de permettre la fécondation. Lorsque celle-ci se produit, on transfère le(s) embryon(s) dans l’utérus maternel. Le taux de réussite de cette technique est d’environ 20% par cycle de FIV. L’ICSI consiste en l’injection directe dans le cytoplasme de l’ovocyte d’un embryon, suivie du transfert d’embryon.
La grossesse et l’accouchement
Il existe avec ces méthodes un risque plus important de grossesse extra-utérine et d’avortements spontanés. Néanmoins, en dehors de ces complications inhérentes à toutes les grossesses, la grossesse et le développement d’un embryon puis d’un fœtus issu d’une FIV ne présentent pas de différences par rapport à une grossesse particulière. 9 mois plus tard, si tout se passe bien, l’accouchement a lieu, et se déroule dans les mêmes conditions qu’un grossesse faisant suite à une fécondation « naturelle ». Cependant, il existe un risque non négligeable de grossesses multiples, avec les conséquences que cela peut engendrer : prématurité par exemple, pouvant être à l’origine de troubles neurologiques. C’est pour cela qu’il est recommandé de n’implanter qu’un seul embryon voire deux embryons afin de réduire ces risques.
Physiologie à la naissance
Les bébés éprouvettes nés à terme ne présentent à la naissance pas de différence de poids ou de taille avec les autres bébés. Par la suite, leur développement psychomoteur et verbal ne présente aucune anomalie particulière : par exemple, les scores de QI ne font apparaître aucun retard mental. Sur le plan de la santé et du développement, les enfants « anciens bébés éprouvettes » connaissent donc un développement en tout point comparable à n’importe quel enfant. Néanmoins, la technique de l’ICSI présenterait un risque de transmission à l’enfant de certaines pathologies responsables de l’infertilité masculine, telles que la mucoviscidose ou des anomalies chromosomiques à l’origine d’infertilité.
Le comportement à l’adolescence
Plus tard à l’adolescence et à l’âge adulte, rien ne permet de différencier les anciens bébés éprouvettes : ils suivent ainsi une scolarité tout à fait normale, et feraient même l’objet de plus d’attentions et ainsi d’une meilleure éducation de la part de leurs parents ! Toutefois dans certains cas, une agressivité et des troubles anxieux plus prononcés ont été décrits, ces derniers n’étant sûrement pas spécifiques à leur développement, mais probablement plus imputables à leur environnement.
Mais en définitive, le recours aux techniques de procréation médicalement assistée ne semble pas avoir de conséquences particulières pour les enfants qui en sont issus. Ainsi, Louise Brown, a-t-elle, il y a un peu plus d’un an donné elle-même naissance à son premier enfant : une boucle bien bouclée en quelque sorte !
Elodie Le Royer
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
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