Bébé secoué : attention danger !
Avoir un bébé est un événement considérable dans la vie d’un couple et surtout lorsque les parents sont jeunes. Ils peuvent être vite désarçonnés par les réactions de leur nouveau-né. Ils ne savent pas comment réagir et certains secouent leur enfant pour tenter de le calmer, ceci peut avoir des conséquences dramatiques.
Pleurs et cris sont parfois des moyens d’expression insupportables pour de jeunes parents. Il arrive qu’ils en viennent à agiter violemment leur enfant. Action sans conséquence physique sur un adulte, il peut être dramatique sur un nourrisson. Le point sur le syndrome du bébé secoué.
Qui secoue son enfant ?
L’enfant secoué ou qui subit le syndrome d’impact des secousses est le plus souvent victime de la personne qui en a la charge. Il y a certains moments où le nourrisson crie, pleure sans discontinuer et ces manifestations, souvent incomprises, peuvent devenir insupportables à l’entourage de bébé. Dans un moment de colère incontrôlée, il peut recourir à ce qui est véritablement une maltraitance : secouer son enfant.
La personne qui violente ainsi un nourrisson n’a que très rarement l’intention de faire du mal, ne connaissant généralement pas les dangers qu’elle lui fait encourir. C’est son désarroi qui l’amène à cette extrémité.
Les cas les plus courants concernent des pères, mais il s’agit parfois d’amis de la famille ou de baby-sitters. Dans la majorité des cas, ce sont des individus de moins de 25 ans : moins expérimentés, moins patients, ils sont les plus susceptibles d’avoir des réactions violentes.
Quelles conséquences pour le bébé secoué ?
Le bébé, spécialement durant les 6 premiers mois de sa vie, est particulièrement fragile. Sa tête est très grosse et lourde par rapport à son corps et les muscles de son cou ne sont pas encore assez développés pour la maintenir. En outre, son cerveau n’est pas encore tout à fait achevé, il est particulièrement fragile aux chocs. L’espace entre la boîte crânienne et le cerveau est important et les vaisseaux sanguins qui se trouvent dans cet intervalle sont également fragiles.
Lorsque le bébé est secoué, le cerveau s’écrase contre la boîte crânienne, les vaisseaux éclatent. Des hémorragies se produisent ainsi qu’un gonflement du cerveau. La colonne vertébrale peut être endommagée. Lorsque ce type de maltraitance a lieu et que l’enfant ne meure pas (10% des nourrissons décèdent après avoir été secoué), les conséquences sont dramatiques : hémiplégie, cécité, épilepsie, retard mental important.
Comment calmer son enfant ?
Il est essentiel d’informer les parents, spécialement les plus jeunes, sur les manières dont peut réagir un nouveau-né et comment gérer cela.
Lorsqu’ils confient la garde du bébé, ils doivent absolument s’assurer qu’ils peuvent faire confiance à la baby-sitter. Quand les pleurs de l’enfant persistent et que le parent sent qu’il perd son sang froid, mieux vaut pour lui appeler quelqu’un pour l’aider afin qu’il puisse se calmer.
Quoi qu’il en soit, un enfant peut être apaisé par des gestes simples : il est possible de lui donner un biberon d’eau ou une tétine, lui caresser doucement le ventre. Le promener dans l’appartement (voire en voiture), lui parler, lui faire écouter de la musique sont également de bons moyens pour le calmer. S’il continue de pleurer, il faut le coucher sur le dos et le laisser seul un moment dans le noir. Il s’apaisera généralement tout seul.
Secouer son enfant est un acte dramatique. C’est un cas de maltraitance grave qui peut avoir des conséquences irréversibles, voire tuer le bébé. Apprendre à se contrôler et à s’occuper de son enfant est essentiel pour le préserver. Il ne faut absolument pas hésiter à demander l’aide d’un proche ou du médecin si la colère devient trop forte.
Sophie Noachovitch
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
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