La coqueluche
Très contagieuse, la coqueluche est une maladie à l’origine de quintes de toux aux conséquences potentiellement très graves chez le nourrisson. En nette régression depuis la mise en place de la vaccination systématique, la maladie n’a toutefois pas disparu et touche actuellement surtout des enfants en bas âge et adultes pas ou insuffisamment vaccinés. Explications.
La coqueluche touche environ 150 nourrissons sur 100 000 actuellement.
Les symptômes de la maladie
La coqueluche survient suite à la contamination par une bactérie, Bordetella pertussis : elle sécrète des toxines qui agissent sur la muqueuse respiratoire en la détruisant. Après une période d’incubation, environ 10 jours après l’infection, survient la période dite catarrhale, pouvant durer jusqu’à 15 jours : écoulement nasal et éternuements sont présents, accompagnés ou non d’une légère fièvre.
Mais il existe surtout une toux, particulièrement présente la nuit, et qui s’accentue progressivement : elle provoque alors des spasmes, des nausées voire des vomissements, et ne se calme pas par la prise d’antitussifs. Survient ensuite la période où les quintes de toux apparaissent : elle dure 4 à 5 semaines, et la fièvre n’est plus présente. La toux est alors sonore, sous forme de secousses, qui surviennent au cours d’une même expiration. L’enfant présente alors un visage bouffi, cyanosé (de couleur bleutée en raison de la mauvaise oxygénation), avec une dilatation des veines. La reprise de l’inspiration est longue et bruyante : c’est le « chant du coq ». La fin des quintes est marquée par l’apparition d’une expectoration blanchâtre et souvent d’un vomissement : le visage reprend rapidement un aspect normal. Les quintes se répètent ainsi dans la journée, pour atteindre une fréquence de 10 à 20 par jour (voire jusqu’à 80 dans les formes sévères), et sont surtout présentes la nuit. Progressivement, la fréquence et l’intensité des quintes diminuent, jusqu’à la guérison qui survient au bout de 6 semaines d’évolution de la maladie environ. Toutefois, une toux quinteuse peut parfois survenir durant 4 ou 5 mois à l’occasion d’infections respiratoires bénignes.
La coqueluche chez le nourrisson et les complications possibles
Les enfants de moins de un an sont particulièrement sensibles à l’infection par Bordetella pertussis : environ 50% des cas de coqueluche les concernent. Lorsqu’un membre de la famille en est atteint, le risque pour un nourrisson d’être contaminé est très élevé s’il n’est pas ou mal vacciné, car il ne possède pas d’anticorps spécifiques fournis par la mère. Il existe un risque de mortalité de l’ordre de 2 à 3%, en raison de la fréquence élevée de survenue de complications, essentiellement d’ordre respiratoire.
Ainsi, des quintes de toux asphyxiantes peuvent apparaître à partir de la 3ème semaine de contamination, à l’origine d’apnées respiratoires prolongées pouvant entraîner une perte de connaissance, des convulsions et un arrêt respiratoire conduisant à la mort subite. Le défaut d’oxygénation risque d’être à l’origine de séquelles neurologiques. Le risque d’hypoventilation existe également, ce qui peut entraîner un encombrement respiratoire, des surinfections. Une dénutrition peut apparaître, liée aux vomissements abondants et au refus de toute nourriture.
Chez l’enfant plus âgé et l’adulte, des complications sont également possibles. Ainsi, des complications infectieuses peuvent survenir : surinfection broncho-pulmonaire, pleurésie, otite surinfectée… sont caractérisées par l’apparition d’une fièvre, mais rares quand une antibiothérapie est mise en route. Des convulsions et des séquelles neurologiques en cas d’anoxie (diminution des apports en oxygène du cerveau) sont possibles chez l’enfant en bas âge.
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