Le goût de bébé : un sens inné
Le goût, inné ou acquis ?
Beaucoup de scientifiques se sont demandés si le goût comprenait des caractères innés, c’est-à-dire que certaines préférences proviendraient des gènes. Cela n’a jamais été démontré mais il est possible que la culture d’une société s’inscrive génétiquement et finisse par induire une attirance pour les aliments de cette culture et un rejet pour des produits qui ne sont jamais consommés dans cette société. Les européens ont comme nourriture de base le blé sous forme de pain, tandis que les chinois ont les galettes de riz. Il serait possible que, dès la naissance, le bébé manifeste une préférence pour l’un de ces produits. Cependant, la consommation de la mère influençant fortement le goût de son bébé, il est difficile de savoir s’il préfère le blé parce que sa mère en a mangé ou parce qu’il a cette caractéristique dans ses gènes. Quoi qu’il en soit, le goût évolue très rapidement, de la vie intra-utérine aux premiers jours de la vie et encore plus que les autres sens. Le goût est donc affaire de culture et d’éducation.
En effet, dans les premiers temps, l’enfant se repère essentiellement avec la bouche. Les cellules gustatives vont donc se développer plus ou moins vite selon l’alimentation proposée. Il est donc important de stimuler le goût de bébé dès le plus jeune âge, d’autant plus que les bébés et les enfants ont beaucoup plus de cellules gustatives que les adultes : 10 000 contre 5 000 !
Pour cela, il doit être confronté à toute la gamme que les cellules de la bouche peuvent lui proposer : sucré, salé, acide, amer. Il doit également, durant toute son enfance, apprendre à connaître la nourriture. Tout un panel d’éléments entre en compte lorsqu’il mange : le chaud ou le froid, l’odorat entre très largement en jeu, le bruit des aliments dans la bouche (ce qui croque), mais également l’aspect : la consistance et la perception visuelle qu’en a l’enfant vont influencer sa manière de manger et d’apprécier le produit.
En outre, le goût est un sens qui évolue tout au long de la vie. Il faut donc l’éduquer. L’enfant devra apprendre à reconnaître les signaux que lui envoient ses cellules gustatives. Peu à peu, les souvenirs, la culture et les symboles associés à certains aliments vont s’introduire dans son esprit et modifier l’appréhension qu’il a de la nourriture. Les petits enfants n’aiment généralement pas certains produits que consomment leurs parents mais finiront par en raffoler en grandissant parce qu’ils sont liés à une journée festive de leur existence qui les a particulièrement marquée.
Le goût se développe dès la vie intra-utérine et ne cesse de se modifier. Les nombreuses cellules qui le composent lui apportent une sensibilité énorme qu’il convient de cultiver afin que le goût de bébé ne se cantonne pas qu’à certains produits mais soit également capable de découvrir d’autres gourmandises.
Sophie Noachovitch
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
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