La crise convulsive hyperthermique
Les convulsions hyperthermiques peuvent survenir chez le nourrisson ou l’enfant entre 3 mois et 5 ans.
Elles se traduisent par la survenue de troubles du tonus musculaires sous forme d’une hypertonie associée à des mouvements cloniques, accompagnés de troubles de la conscience dans un contexte fébrile.
Ces troubles surviennent en dehors de toute infection du système nerveux central.

Les convulsions hyperthermiques surviennent chez environ 2 à 7% des enfants de moins de 5 ans.
Les convulsions fébriles peuvent être simples ou compliquées.
Il est important de différencier la crise convulsive fébrile simple de la crise convulsive complexe.
En effet, la crise convulsive hyperthermique simple représente 90% des cas de convulsion fébrile.
Elle survient chez l’enfant âgé de 1 à 5 ans, ne présentant pas d’antécédents de pathologie neurologique.
La crise est généralisée, et se traduit par des contractions musculaires bilatérales et symétriques, dites cloniques ou tonico-cloniques. Sa durée est brève (inférieure à 5 minutes), et il n’existe pas de séquelles neurologiques consécutives à la crise. Le risque de récidive est estimé à 30%.
La crise convulsive hyperthermique est dite compliquée ou complexe quand elle concerne les enfants de moins de 9 mois, les enfants présentant des troubles du développement neurologique ou psychomoteur antérieurs à la survenue de la crise ou bien les enfants ayant des antécédents néonatals pathologiques.
La durée de celle-ci est généralement plus longue. Elle est le plus souvent localisée à une partie du corps, et il existe parfois un déficit neurologique consécutif à la crise, de façon transitoire ou permanente.
La conduite à tenir et l’évolution de la crise.
L’hospitalisation est nécessaire en cas de première crise convulsive survenant chez l’enfant de moins de 2 ans, ainsi qu’en cas de crise convulsive compliquée.
Un examen complet à la recherche d’une cause à la fièvre, d’une anomalie neurologique est indispensable.
Il est alors nécessaire de réaliser une ponction lombaire au moindre doute, afin d’éliminer une affection cérébrale ou méningée.
Un bilan biologique à la recherche d’un syndrome infectieux à l’origine de la fièvre est également effectué, mais aussi à la recherche d’une autre cause de convulsion (hypocalcémie, hypoglycémie…).
En cas de crise convulsive compliquée ou de crise simple récidivante ou de crise persitante, un bilan plus approfondi comprenant la réalisation d’un fond d’œil, d’un scanner ou d’une IRM, ainsi que d’un électroencéphalogramme (EEG) permettra de déterminer les causes de survenue des crises.
Les crises convulsives hyperthermiques sont bénignes dans 98% des cas.
La récidive est estimée à 30% après le premier épisode dans le cas des crises convulsives simples, et a lieu dans 90% des cas dans les 2 ans qui suivent la première crise.
Un risque d’épilepsie secondaire existe, plus élevé en cas de crise convulsive secondaire (il est évalué à 10% environ).
Le traitement et la prévention des récidives.
Le plus souvent, la crise est brève et ne nécessite pas de traitement.
Il est nécessaire de placer l’enfant en position latérale de sécurité (PLS), et de procéder à une libération de ses voies aériennes supérieures.
Le traitement médicamenteux est indiqué si la crise se prolonge plus de 10 minutes ou se répète.
Il consiste en l’injection de Valium en intra-rectal, à réitérer si la crise persiste au bout de 5-10 minutes.
Si la crise persiste au-delà, il s’agit alors d’un état de mal convulsif, nécessitant une prise en charge particulière.
Le traitement préventif est utile en cas de crise convulsive compliquée ou de crise simple récidivante : il consiste à informer les parents, en particulier en leur apprenant les mesures de lutte contre la fièvre (découvrir l’enfant, lui donner un bain tiède à température de 2°C inférieure à sa température corporelle, mouiller les draps..). Les antipyrétiques sont également indiqués en cas de température supérieure à 38°C (Paracétamol à la dose de 60mg/kg/j en 4 prises).
Un traitement préventif par Valium n’est nécessaire que dans les crises convulsives fébriles compliquées en cas de récidives ou en cas de crises fébriles simples très fréquentes.
Elodie Le Royer
(Validé par le Dr Fabrice Kuhn)
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