Les enfants du divorce
L’évolution de la société génère de plus en plus de familles monoparentales. Et le nombre de divorce ne cesse aussi de croître depuis le début du 20ème siècle. Mais au-delà des troubles qu’il provoque au sein du couple, cette séparation est un moment douloureux pour les enfants. Explications.
Dès qu’un conflit apparaît dans un couple, les enfants ressentent cette situation et cherchent alors des explications. Le plus souvent, ils s’imaginent que c’est à cause d’eux que leurs parents se séparent. Cette culpabilisation peut provoquer de gros dégâts. Qu’elles sont les conséquences d’un divorce pour les enfants ? Quelle attitude adopter ? Comment vivre avec les enfants d’un autre ?

Les conséquences d’un divorce chez l’enfant
À la suite d’un divorce, trois bouleversements majeurs peuvent survenir chez un enfant. Tout d’abord, comme le montre notamment les récentes études de l'Institut National d'Études Démographiques (INED), dans le domaine de la scolarité.
En effet, on remarque que bien souvent les enfants issus de familles monoparentales réduisent d’un an la durée de leurs d’études. Mais au-delà de la durée, il semblerait que la séparation des parents provoque insidieusement des échecs scolaires. Le taux de réussite au bac diminuerait donc de moitié tout comme l’acquisition d’un diplôme en fin d’étude. Ces évènements n’ont pas pour seule cause la rupture du couple, mais cela pourrait considérablement les favoriser.
Notamment lorsque le divorce se produit lors de l’adolescence de l’enfant, l’absence d’autorité parentale précisément définie, le déstabilise. Sur le long terme, et plus particulièrement chez les garçons, la monoparentalité serait un facteur d’augmentation du risque de suicide et d‘alcoolisme.
La séparation des parents entraîne donc des conséquences désastreuses à court et à long terme. La monoparentalité signifie le plus souvent un seul salaire, malgré les sommes versées par le conjoint en dédommagement de son départ. Les conséquences économiques du divorce diminueraient logiquement les possibilités de financement de la scolarité des enfants, et donc de leur avenir.
Divorce : savoir en parler aux enfants
Afin de limiter les effets nocifs d’un divorce pour les enfants, il convient d’en parler au plus tôt avec eux. Même s’ils sont en bas âge, ils ressentent très facilement les diverses tensions du couple et les interprètent souvent mal : culpabilisation ou prise de position en faveur de l’un des parents. Pour éviter cela, il est conseillé de leur parler de la situation qui existe entre leur père et leur mère, c’est à dire en leur expliquant que deux personnes peuvent ne plus s’aimer et ne plus pouvoir vivre ensemble, mais que néanmoins, cela n’affectera pas l’amour qu’elles éprouvent pour leur enfant.
Il faut aussi rassurer l’enfant sur son avenir. Lui expliquer avec qui il vivra toute l’année et comment se passeront les vacances scolaires ou son anniversaire, véritables moments forts de la vie d’un enfant.
Cette discussion qui s’impose doit avoir lieu en présence de tous les membres de la famille, beaux-parents compris. Il ne faut en aucun cas que l’un des deux parents dénigre l’autre, cela ne ferait que renforcer la possible prise de position de l’enfant pour l’un des deux.
Toutefois, si cet entretien concerne un adolescent plutôt qu‘un enfant, attention au débordement. Un ados a besoin de repères forts pour se construire et l’immixtion d’une autre personne au sein de « l’autorité parentale » peut provoquer des accès de colères. L’adolescent prend alors souvent le parti de l’un des parents et même s’il peut choisir la personne qui aura sa garde, il ne faut pas hésiter à lui imposer certaines règles.
Finalement, il faut savoir dissocier la vie conjugale de la vie parentale. Un homme (ou une femme), qui ne peut plus vivre avec son conjoint, doit s’efforcer de montrer à son enfant que cela n’affectera jamais l’amour qu’il (ou elle) éprouve pour lui.
Cette preuve de l’amour parentale doit passer par toutes les formes possibles : dialogues, cadeaux, câlins, etc. Cette force qui unit un enfant à ses parents, si elle n’est pas brisée, assurera un dialogue plus facile…
Vivre avec les enfants de l’autre
Le nouvel adulte qui entre dans la vie de l’enfant de parents divorcés doit savoir faire preuve de beaucoup de patience. L’intégration d’une nouvelle source d’autorité dans sa vie peut provoquer chez l’enfant des révoltes vis-à-vis du nouveau conjoint. Cela rend alors les relations familiales difficiles à vivre : l’enfant refuse d’obéir à cette nouvelle personne parce qu’il ou elle n’est pas son parent biologique.
Le nouveau compagnon (ou compagne) doit alors trouver sa place. Un comportement ni trop souple ni trop sévère est la meilleure façon de se faire accepter de l’enfant.
Un adulte qui le comblerait de cadeaux et répondrait à toutes ses exigences sera vite dépassé. Inversement, un comportement trop sévère bloquera l’enfant et ne permettra pas une relation durable : tôt ou tard l’enfant rejettera cet excès d’autorité.
La solution revient alors au parent biologique qui vit encore avec l’enfant. Il doit ainsi intégrer son nouveau conjoint dans chacune des décisions qui doivent être prises et qui concernent l’enfant. Il est important que le nouveau parent ne vienne pas se substituer de force à l’ancienne autorité parentale. Patience, calme et fermeté sont alors de mise… !
Bien que le divorce soit cause de situations désagréables tant pour les parents que pour les enfants, il ne faut pas que cela empêche les parents de se séparer. Un enfant vit toujours mieux dans une famille monoparentale ou recomposée heureuse que dans une famille où les disputes sont fréquentes.
Vincent Lescuyer
(Validé par le Dr Jean Marc Bouzeran)
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