L’épilepsie
Toute personne peut faire une fois dans sa vie une convulsion, mais on ne parle d’épilepsie que dans les cas où les convulsions se répètent pendant des mois ou des années.

Maladie neurologique chronique caractérisée par la répétition plus ou moins fréquente de ces crises, l’épilepsie est due à une anomalie de l’activité électrique d’un groupe de cellules cérébrales. Une personne sur 200 présente cette pathologie et un nouveau patient pour 2000 habitants la développe chaque année. Il existe deux pics d’incidence importants : le jeune enfant et le troisième âge.
Epilepsie, maladie ou symptôme ?
Chez plus de 50% d’épileptiques, aucune cause n’est décelée. La maladie est alors dite primaire idiopathique. En revanche, certaines formes sont dues à d’autres affections, notamment une tumeur cérébrale, une malformation vasculaire, une agression cérébrale d’origine toxique, métabolique ou infectieuse, une hypocalcémie, etc. Elles sont dites dans ce cas secondaires.
Classification et diagnostic
Dans le cas de l’épilepsie généralisée, la totalité du cortex cérébral est atteinte et les manifestations sont d’intensité variable. Souvent chez l’enfant d’entre 4 et 6 ans surviennent des pertes de conscience passagères. C’est ce qu’on appelle « absence » ou « petit mal ». Plus rarement, survient la crise « grand mal » qui se manifeste par des convulsions brutales puis une perte de connaissance, généralement après une morsure de la langue ou une émission d’urine. Le patient n’en conserve aucun souvenir à son réveil. Dans le cas de l’épilepsie partielle, les symptômes dépendent de la partie du cortex qui est atteinte. Ils peuvent être moteurs, sensitifs, sensoriels, voir psychomoteurs.
L’électroencéphalogramme (EEG) reste l’examen clé devant une suspicion clinique. Cet examen est généralement réalisé entre les crises. L’IRM (imagerie par résonance magnétique) et le scanner cérébral permettent parfois d’en donner la cause.
Les convulsions fébriles du jeune enfant sont à part. Elles surviennent entre 6 mois et 5 ans, lors d’un épisode de fièvre élevée. Elles sont rares et touchent 5% des enfants de cette tranche d’âge. On ne parlera pas d’épilepsie car dans les rares cas de récidives (5% des enfants feront une deuxième crise lors d’un nouvel épisode de fièvre), les crises disparaîtront en grandissant, en général après l’âge de 5ans.
Traitement de l’épilepsie
Les traitements anti-épileptiques visent à éviter les récurrences des crises, mais ne peuvent prétendre guérir la maladie. C’est la raison pour laquelle le traitement est habituellement poursuivi pendant de nombreuses années. Lors d’une crise « grand mal », l’idéal serait de prendre des mesures de protection pour éviter des chutes brutales (allongement en position latérale et si besoin, une injection en intramusculaire de benzodiazépine). L’épileptique ne doit jamais sauter les prises de ses médicaments antiépileptiques ou arrêter son traitement sans avis médical.
Dans certains cas, la chirurgie peut guérir véritablement l’épilepsie. Il s’agit le plus souvent d’une lésion (malformation vasculaire, tumeur bénigne, cicatrice,…) qui pourrait être enlevé par le chirurgien.
Vivre avec l’épilepsie
L’espérance de vie de l’épileptique n’est aucunement diminuée. Cependant, il faut une observation régulière du traitement qui doit parfois être poursuivie à vie. Une certaine hygiène de vie doit être rigoureusement respectée : heures de sommeil régulières et suffisantes, consommation modérée de boissons alcoolisées et, dans toutes les formes de la maladie, il faut s’abstenir de pratiquer des activités sportives où des crises pourraient mettre la vie du patient en danger.
Certains métiers sont interdits aux épileptiques même si la maladie est équilibrée par le traitement (travail en hauteur, pilote d’avion, chauffeur de bus, chauffeur de camions…). La conduite individuelle (permis A et B) est autorisée si l’épilepsie est équilibrée.
Dr Jean Marc Bouzeran
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