Les pneumopathies de l’enfant
Les pneumopathies sont définies comme des infections, bactériennes ou virales, affectant le poumon. Toux, expectoration, symptômes respiratoires et fièvre sont des signes révélateurs qui amènent à consulter et à réaliser une radiographie pulmonaire et des examens, afin d’en savoir plus sur son origine et détermineront le traitement adéquate.
Les signes cliniques des pneumopathies virales et bactériennes
Le diagnostic de pneumopathie d’origine bactérienne est posé devant l’existence de signes respiratoires, tels que des expectorations, une augmentation de la fréquence respiratoire, accompagnés d’une fièvre supérieure à 38°C qui peut être responsable de frissons et de convulsions. L’enfant est alors agité, et des vomissements sont fréquents.
L’auscultation pulmonaire effectuée par le médecin retrouve des râles crépitants.
Dans le cas des pneumopathies causées par le mycoplasme, la fièvre est moins élevée (autour de 38°C), accompagnée d’une rhino-pharyngite, d’une toux sèche, de maux de tête et de douleurs musculaires. L’auscultation pulmonaire, en plus des râles crépitants, peut retrouver des sifflements bronchiques évocateurs.
Les pneumopathies d’origine virale sont d’abord révélées par des signes témoins d’une infection des voies respiratoires hautes (nez, bouche, gorge) : éternuements, toux sèche, écoulement nasal.
Le début de l’infection pulmonaire est rapide, caractérisé par une fièvre élevée (supérieure à 39°C) avec frissons, catarrhe rhino-pharyngé (inflammation des muqueuses avec hypersécrétion). Des douleurs musculaires, une grande fatigue ainsi qu’une toux sèche douloureuse, sous forme de quinte sont également présents.
L gêne respiratoire occasionnée par les pneumopathies peut évoluer chez le nourrisson vers une insuffisance respiratoire aiguë : fréquence respiratoire supérieure à 30/minute, cyanose, sueurs, battement des ailes du nez, troubles de la conscience, constituant une urgence médicale.
Les examens complémentaires
Les examens pratiqués consistent essentiellement en la réalisation d’une radiographie du thorax. Des opacités bilatérales au niveau des poumons sont retrouvées en cas de pneumopathie virale.
Les pneumopathies à pneumocoques sont elles caractérisées par des opacités dites alvéolaires (foyers pulmonaires), bien limitées, sur un seul poumon.
Dans les pneumopathies à mycoplasme, des images bilatérales, mal systématisées, sont observées au niveau des poumons.
Les examens biologiques permettent, en plus, d’orienter le diagnostic :
- dans le cas des pneumopathies virales, la numération formule sanguine (NFS) montre une diminution du nombre de polynucléaires neutrophiles et une augmentation des lymphocytes (catégories de globules blancs). La vitesse de sédimentation (VS) est très accélérée, signe d’une inflammation. On ne recherche pas le virus, car cela présente peu d’intérêt.
- L’infection à pneumocoque est caractérisée par une augmentation des polynucléaires neutrophiles sur la NFS, et une CRP très élevée.
- La NFS est souvent normale lorsque la pneumopathie est causée par le mycoplasme. Une anémie hémolytique (destruction des globules rouges par des anticorps) est possible. Le diagnostic se fait par la sérologie : augmentation du taux des anticorps à 15 jours d’intervalle.
L’évolution de la maladie et son traitement
Le traitement des pneumopathies à pneumocoque se fait grâce à une antibiothérapie : amoxicilline par voie intraveineuse (à l’hôpital) jusqu'à la disparition de la fièvre, puis par voie orale, pendant 10 à 14 jours.
La fièvre disparaît alors rapidement (36 à 48h), sur la radio l’amélioration est visible au bout d’un mois environ.
Dans le cas des pneumopathies à mycoplasme, le traitement repose sur une antibiothérapie par macrolides pendant 15 à 21 jours.
L‘évolution est favorable en une à deux semaines. Sur la radio en revanche, les signes peuvent persister plus longtemps.
Une hyperréactivité au niveau des bronches peut persister, entraînant une toux et une gêne respiratoire pouvant être présente pendant 6 semaines.
Les pneumopathies virales nécessitent le repos au lit, la prise d’antipyrétiques (contre la fièvre) et d’antitussifs. L’évolution est spontanément bonne en 4 à 8 jours. L’antibiothérapie n’est nécessaire qu’en cas d’éventuelles complications : surinfection bactérienne. La kinésithérapie respiratoire constitue aussi une aide précieuse à l’amélioration de la fonction respiratoire.
A l’approche de l’hiver, les enfants sont plus sensibles aux infections respiratoires, favorisées par la vie en collectivité (crèche, école, garderie). Facilement curables, elles ne doivent pas être négligées, en particulier pour les nourrissons, chez qui elles peuvent avoir des conséquences plus graves.
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