Mon enfant est timide : que faire ?
Dès qu’il y a des invités, votre enfant refuse de sortir de sa chambre. En classe, ses professeurs ont des difficultés à le faire participer. Il rougit vite, s’inquiète rapidement et fuit le contact d’autrui : il n’est pas sauvage mais tout simplement timide ! Explications.
Ces réactions qui trahissent la timidité peuvent apparaître dès l’âge de 2 ans et demi. Simplement incommodante dans la vie de tous les jours, elles peuvent devenir réellement problématiques dès qu’elles entraînent un repli sur soi de l’enfant. Est-elle héréditaire ? Comment se traduit cette timidité au quotidien ? Que peut-on faire pour l’aider ?

Timidité et hérédité…
Il n’existe pour le moment aucun gène connu de la timidité. Cette angoisse de la proximité avec d’autres personnes peut être naissante chez un enfant et simplement favorisée par la timidité de ses parents. Mais inversement, deux parents timides peuvent très bien avoir un enfant qui ne le sera pas. Dès lors, l’apparition de cette gêne peut avoir plusieurs causes. Ainsi un enfant surprotégé par ses parents refusera de lui-même d’aller vers les autres, mais un enfant livré à lui même se sentira dévalorisé et pourra aussi devenir timide. Enfin, une différence de niveau scolaire par rapport à ses camarades de classe peut être également la cause de moqueries et de provocations qui peuvent, à leur tour, favoriser l’évolution de la timidité chez l’enfant.
Manifestation de la timidité au quotidien
L’arrivée dans un nouveau groupe social autre que sa famille, peut provoquer chez l’enfant une gêne inexplicable. Fréquente dès l’entrée en crèche ou à l’école, la timidité est marquée par un refus de participer aux jeux collectifs. Rougissements, bafouillages et manque de confiance en soi sont les premiers symptômes. Par la suite, des tremblements peuvent le rendre maladroit et un bégaiement est susceptible d’apparaître.
Tous ces signes sont le reflet de la gêne provoquée par le jugement d’autrui sur l’enfant. Il s’imagine incompris et seul. Une peur réelle est donc parfois associée à ces comportements plus qu’un quelconque embarras. Celle-ci monopolise toute son énergie et l’empêche de réagir normalement face aux autres.
Comment aider un enfant timide ?
Pour résoudre ce problème, les parents doivent agir avec précaution. Il faut ainsi proposer à l’enfant d’aller vers les autres tout en le laissant faire parfois à sa guise. L’encourager sans cesse risquerait de le rendre dépendant de votre initiative. Mais le laisser agir tout seul à chaque fois ne ferait que favoriser sa timidité. Un seul conseil donc : rester le plus discret possible. En outre, il est très important que l’enfant ait une certaine estime de lui. C’est au travers du regard que ses parents vont porter sur lui que l’enfant aura conscience d’avoir de la valeur, et fort de cette estime, la confiance en lui viendra naturellement.
La pratique du théâtre est également un moyen d’extérioriser sa peur. De même que celle d’un instrument à vent qui apparaît favorable au contrôle du souffle et à l’élocution. L’inscrire à un sport tel que le judo est aussi recommandé. Le mélange des règles collectives et du travail personnel font de ce sport un atout particulier dans le développement de l’enfant. Attention cependant à ne pas l’inscrire à toutes ces activités en même temps : l’angoisse d’avoir tout à faire peut favoriser sa timidité plus que la combattre…
Si tout cela ne fonctionne pas, la consultation d’un thérapeute peut aussi être bénéfique. Par l’intermédiaire d’une thérapie comportementale, l’enfant découvrira un à un ses complexes et pourra ainsi avancer progressivement, jusqu’à la guérison. Mais quelques soient les moyens choisis pour lutter contre la timidité, une seule chose est à proscrire pour les parents : s’inquiéter plus que lui…
Vincent Lescuyer
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
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