Zoom sur la varicelle
Affection très contagieuse, la varicelle survient essentiellement en hiver et au printemps. Elle est due au virus varicelle-zona, qui appartient à la famille des herpès virus. Bénigne chez l’enfant, elle peut être grave lorsqu’elle survient chez l’adulte, ou lors de la grossesse.
L’apparition de vésicules sur le corps marque la contagion, qui se fait principalement par voie respiratoire (ou par l’intermédiaire des vésicules), le virus se trouvant dans les gouttelettes de salive.
La varicelle, ce virus…
Après pénétration par les muqueuses nasale et buccale, le virus se multiplie dans les ganglions à proximité, avant d’être présent dans le sang. Il atteint ensuite la peau et les muqueuses, ce qui provoque une éruption au niveau de la peau sur tout le corps : les vésicules disparaissent en général au bout de 10 jours.
Mais le virus reste toujours présent, au niveau des ganglions et des racines des nerfs : il est alors inactif, et le reste en général durant toute la vie.
Il peut parfois se réactiver, lors d’une période de stress ou de baisse des défenses immunitaires. Il migre alors le long des nerfs et provoque une éruption semblable à celle de la varicelle, mais limitée à un territoire précis du corps (thorax, œil). Il s’agit d’un zona.
Le 1er contact avec le virus de la varicelle empêche une autre infection par le même virus de survenir par la suite puisque l’immunisation protège d’une nouvelle contamination.
Les symptômes de la varicelle
Après une phase d’incubation d’environ 14 jours, a lieu la phase dite d’invasion du virus.
Elle se traduit généralement par une fièvre et parfois des maux de tête.
Survient ensuite la phase d’état : c’est là que se produit l’éruption cutanée.
Elle a lieu le plus souvent au niveau de la face, du thorax, atteint le cuir chevelu mais épargne les paumes et les plantes des mains et des pieds.
Elle est caractérisée par des tâches rosées (macules), qui prennent du relief (on parle alors de papules) et provoquent de fortes démangeaisons.
En 24 heures apparaissent des vésicules transparentes « en gouttes de rosée ». Elles se dessèchent en 48heures et laissent place à une croûtelle brunâtre, qui apparaît vers le 4ème jours et disparaît vers le 10ème jour.
L’éruption a lieu en plusieurs phases successives, si bien que macules, papules, vésicules et croûtent coexistent sur la peau. Elle dure au total 10 à 12 jours et la guérison est spontanée.
D’autres signes tels qu’une fièvre modérée à 38°C ainsi que des ganglions, surtout au niveau du cou, peuvent également apparaître.
Les complications
Il peut survenir une surinfection cutanée, due au grattage des lésions. Un traitement antibiotique évitera l’extension de l’infection au niveau de la peau (impétigo), voire de tout le corps (septicémie). Le grattage des vésicules peut également entraîner des cicatrices indélébiles sur la peau.
Des complications neurologiques peuvent également se rencontrer, sous forme de vertiges (on parle d’ataxie cérébelleuse) : elle peut précéder l’éruption et guérit spontanément en une quinzaine de jours.
Chez l’adulte, les formes de varicelle sont généralement plus sévères, avec une fièvre élevée, une pneumopathie (infection pulmonaire), une encéphalite (infection au niveau du cerveau), en particulier au cours de la grossesse.
Chez la femme enceinte, la varicelle peut entraîner des malformations fœtales, d’où la nécessité de prévenir les futurs mamans n’ayant jamais eu la varicelle et ayant été au contact d’un malade. Une injection d’anticorps préviendra les complications.
La varicelle du nouveau né peut survenir lorsque la mère contracte la varicelle peu avant l’accouchement : elle est grave, avec une mortalité qui peut atteindre 30%. Chez les sujets immunodéprimés (avec une baisse des défenses immunitaires : sida, cancer, chimiothérapies, maladies immunitaires), des formes très graves de varicelle peuvent également survenir, avec une infection sévère, des atteintes viscérales multiples et une éruption abondante.
Le diagnostic
Le diagnostic de la varicelle est habituellement clinique, par l’observation de vésicules typiques sur la peau. Des tests diagnostiques existent, tels que la mise en culture du virus ou la sérologie, mais ils ne sont utilisés qu’en cas de complications.
Traitement et prévention de la varicelle
Le traitement est symptomatique : il faut avant tout soulager les démangeaisons et éviter les complications. Les antihistaminiques sédatifs sont souvent prescrits.
Les mesures d’hygiène sont également importantes : ongles propres et coupés pour réduire le risque de surinfection bactérienne, douches et bains quotidiens à l’eau tiède avec un savon dermatologique, aucune application de talc, pommade et autre gel sur la peau.
En cas de surinfection cutanée, le traitement antibiotique est indiqué.
Le traitement antiviral est impératif et urgent quand le diagnostic de varicelle est évoqué chez les patients à risque (immunodéprimés), et peut être proposé chez l’adulte en cas de formes sévères. Il repose sur l’administration d’aciclovir par voie intraveineuse.
Enfin, des mesures de prévention doivent être mises en place : éviction scolaire jusqu’à disparition des croûtes, éviter tout contact d’un sujet à risque avec un sujet atteint.
Depuis peu, il existe un vaccin vivant atténué, indiqué pour la prévention de la varicelle chez les enfants immunodéprimés. Si elle est recommandée depuis 2004 chez les adultes en contact avec des sujets immunodéprimés ou des enfants, il n’y a, à ce jour, aucune recommandation en France pour les enfants en bonne santé.
Elodie Le Royer
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
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