Le cancer du sein
Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme : il est à l’origine de 10 000 décès par an en France chaque année. Le dépistage de masse consistant en la réalisation de mammographies joue donc un rôle prépondérant. En facilitant un diagnostic précoce, il permet d’augmenter l’efficacité des traitements.

L’allongement de la durée de vie, les habitudes alimentaires et le recul de l’âge à la naissance du 1er enfant constituent autant de facteurs expliquant que le cancer du sein est de plus en plus présent dans les pays développés : une Française sur 10 risque d’être atteinte du cancer du sein durant sa vie.
Cancer du sein : des facteurs de risque à ne pas négliger
Dans ¾ des cas de cancer du sein, aucune cause n’est retrouvée. Il existe cependant des facteurs qui peuvent en être à l’origine :
- des facteurs hormonaux (situations exposant plus longtemps aux oestrogènes): puberté précoce, 1ère grossesse tardive ou absence de grossesse, ménopause tardive, traitement hormonal substitutif de la ménopause prolongé ainsi que l’obésité
- des facteurs familiaux : antécédents de cancer du sein et facteurs génétiques
- des facteurs environnementaux : l’incidence du cancer augmente d’environ 2% par an dans les pays industrialisés.
Cancer du sein : l’importance du dépistage
Le cancer du sein peut être découvert au cours du dépistage mammographique : celui-ci doit avoir lieu tous les 2 ans pour toutes les femmes de 50 à 69 ans et peut être poursuivi jusqu’à 75 ans (prise en charge à 100% par la sécurité sociale), et chez les femmes ayant des facteurs de risque de survenue de cancer du sein.
Il consiste en 2 clichés radiologiques de face et oblique, dont la lecture est effectuée par 2 radiologues différents. Une anomalie peut également être découverte lors de l’examen clinique mammaire annuel (recommandé après 35 ans), ou de la palpation des seins : tuméfaction, anomalie du mamelon, sein d’aspect inflammatoire…
Une mammographie bilatérale ainsi qu’une échographie mammaire permettent de visualiser le nodule suspect. Une ponction de cellules ou des biopsies sont nécessaires pour déterminer la nature de la tumeur.
La confirmation du diagnostic s’effectue ensuite par une biopsie-exérèse chirurgicale, réalisée au bloc opératoire.
Le reste du bilan consiste en la recherche de métastases éventuelles, suivant les signes cliniques : radiographie du thorax, échographie du foie, scintigraphie osseuse. Le marqueur tumoral CA 15.3 n’est pas utile au diagnostic mais son dosage est indiqué pour le suivi de la maladie.
Cancer du sein : Les moyens thérapeutiques
Ils consistent à traiter localement le cancer du sein par la chirurgie, et à traiter précocement de façon générale les sujets à risque de métastases.
Le traitement chirurgical local mammaire repose sur l’exérèse complète de la tumeur. Quand celle-ci ne dépasse pas une certaine taille, un traitement conservateur du sein est possible : seule la tumeur est enlevée, puis analysée.
Le traitement radical consiste en une mammectomie (ou mastectomie) quand la tumeur est volumineuse ou localisée à plusieurs endroits.
La reconstruction mammaire a lieu ensuite à distance du traitement.
Dans certains cas, une chimiothérapie pré-opératoire peut être proposée afin d’essayer de réduire la tumeur pour procéder à un traitement conservateur, et ainsi éviter une mammectomie.
Lorsque le cancer du sein est infiltrant (étendu aux ganglions alentours), un traitement chirurgical ganglionnaire est effectué en même temps que l’ablation de la tumeur : on parle de curage ganglionnaire axillaire (exérèse des ganglions). Le traitement par radiothérapie permet d’éviter les récidives de cancer du sein.
La chimiothérapie est indiquée lorsqu’il existe des métastases, au niveau ganglionnaire ou d’organes comme le poumon, le foie et les os.
Pour certaines tumeurs dites hormonosensibles, l’hormonothérapie peut être bénéfique, car elle empêche la stimulation des cellules tumorales par les oestrogènes.
Une prise en charge psychologique se révèle souvent très utile ainsi que la kinésithérapie du bras après curage ganglionnaire. En cas de mastectomie sans reconstruction mammaire, une prothèse mammaire en silicone peut être prescrite.
Enfin, le cancer du sein constitue une affection bénéficiant de la prise ne charge à 100% par la Sécurité Sociale, au titre d’Affection de Longue Durée.
Une mammographie pratiquée tous les 2 ans reste actuellement le moyen le plus efficace de prévention et de dépistage du cancer du sein chez les femmes de plus de 50 ans.
En détectant les tumeurs à un stade précoce, elle permet une meilleure prise en charge de ce cancer en constante augmentation, grâce aux traitements par chirurgie et radiothérapie.
Elodie Le Royer
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
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