Venir à bout de la cystite
Vous avez souvent une envie pressante d’uriner ? Vous ressentez des brûlures et cela vous indispose ? Vous avez probablement une cystite… Ayant pour mission d’assurer le transit et le stockage de l’urine en provenance des reins, la vessie peut s'inflammer quand cette urine, qui est normalement stérile, s'infecte. Nos solutions pour en venir à bout.

La cystite (ou infection urinaire basse) est une inflammation de la vessie consécutive à une infection de l'urine par des bactéries qui remonte à contre-courant dans l'urètre (conduit qui achemine l'urine de la vessie vers l'extérieur). La femme est plus exposée à cette pathologie car son urètre est plus court : 4 cm, contre16 cm chez l'homme.
L'homme fera rarement une cystite simple, il développera plutôt une prostatite avec de la fièvre car la prostate est collée à la vessie et est à son tour contaminée. Nous traiterons de cette particularité dans l'article sur la prostatite.
La bactérie rencontrée dans la cystite simple de la femme est dans 80 % des cas Escherichia coli, bactérie qui vie à l'état normal dans le tube digestif.
Quels sont les symptômes de la cystite ?
Plusieurs symptômes doivent vous alerter, à savoir :
- Une envie fréquente d’uriner
- Des brûlures urinaires
- Des douleurs dans le bas-ventre
- Des urines de couleurs troubles (avec parfois un peu de sang)
- La cystite simple ne donne jamais de fièvre !
Traiter efficacement la cystite
La cystite se soigne très bien si elle est détectée à temps ! Dès les premiers symptômes, il est important de consulter un médecin afin de traiter la cystite.
Si la cystite n'est pas bien soignée, l'infection pourra remonter dans un rein. On parle alors de pyélonéphrite (infection urinaire haute) avec fièvre et douleur lombaire. La pyélonéphrite, pathologie plus lourde, nécessite un traitement de 10 à 15 jours, un arrêt de travail, des examens de laboratoire et de radiologie et parfois une hospitalisation en cascade, signes de gravité.
En cas de cystite simple, le médecin préconisera un traitement antibiotique qui diffère selon certains critères (âge, grossesse, récidive de cystite…). Ce traitement peut être pris en une seule dose ou plusieurs doses entre trois et huit jours.
Il faut proscrire l'automédication par les antiseptiques urinaires vendus sans ordonnance. Ils sont peu efficaces et la cystite peut se transformer en pyélonéphrite.
Dans le cas de cystites récidivantes, le médecin procèdera à un examen bactériologique et un antibiogramme qui permet de mesurer la sensibilité d’un germe pour différents antibiotiques afin de sélectionner le plus efficace et le plus adapté au patient.
Certaines patientes, très souvent gênées par des cystites, prennent pendant des mois des petites doses préventives d'antibiotiques.
Des groupes de chercheurs tentent d’ailleurs d’élaborer un vaccin qui permettrait d’éliminer la bactérie Escherichia coli. Affaire à suivre…
Éviter les risques de récidives
Pour éviter les cystites récidivantes, quelques précautions sont à prendre :
- Boire beaucoup d’eau par petites quantité réparties sur la journée afin d’évacuer les germes (environ un litre et demi par jour)
- Consommer des boissons ou prendre des gélules à base de canneberge (cranberry). Il a été démontré que ce fruit permet de réduire la fixation de certaines bactéries sur la vessie.
- La prise régulière de vitamine C acidifie les urines et pourrait éviter les cystites récidivantes
- Pensez à vous essuyer d’avant en arrière pour éviter que les bactéries digestives ne soient en contact avec votre vulve
- Mettez des sous-vêtements en coton, évitez les vêtements serrés
- Ne vous retenez pas pour uriner
- Essayez d'uriner après les rapports sexuels
- Ayez un transit normal, la diarrhée ou la constipation favorisent les cystites
Enfin, il faut chasser les idées reçues, la cystite de la femme n'est pas contagieuse et ne s'attrape pas sur des toilettes sales ! Le traitement et la prévention de la cystite passe donc par un ensemble de mesures simples mais efficaces. Dès que vous suspectez une cystite et en présenter les symptômes, n’attendez pas et consultez votre médecin traitant qui saura vous guider vers un traitement approprié.
Dr Jean Marc Bouzeran
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