Qu’est-ce qu’une spondylarthrite ankylosante ?
La spondylarthrite ankylosante est une maladie rhumatismale inflammatoire. L’atteinte principale concerne le rachis (colonne vertébrale) et les articulations des membres, et s’associe parfois à une atteinte extra articulaire, notamment oculaire. Zoom sur cette pathologie mal connue.
Cette maladie qui concerne 0,35% des français touche préférentiellement les hommes jeunes (28 ans en moyenne). La présence dans le sang d’un antigène dit « antigène d'histocompatibilité HLA-B27 » est un facteur favorisant. La spondylarthrite ankylosante est souvent associée à d’autres maladies : psoriasis, syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter (urétrite, conjonctivite, arthrite), arthrite dite réactionnelle ou entérocolopathies inflammatoires (rectocolite hémorragique, maladie de Crohn).
Une atteinte articulaire progressive
Les symptômes qui caractérisent la spondylarthrite ankylosante apparaissent autour de la vingtaine. Il s’agit le plus souvent :
- D’une raideur matinale du rachis lombaire et des hanches, associée à des douleurs s’améliorant avec la marche. Le rachis perd en mobilité et se pencher en avant devient difficile
- Douleurs au niveau fessier
- Douleurs dans les zones d’insertion des tendons, notamment dans les talons, s’améliorant avec la marche
- Déformation des orteils et des doigts en saucisse
- Gonflement des articulations, principalement le genou, la cheville, la hanche, les inter phalangiennes proximales
- Fatigue, perte d’appétit, perte de poids, sueurs
Parfois s’y associe une atteinte oculaire : uvéite antérieure avec douleurs et crainte de la lumière (photophobie).
Une prise de sang pour confirmer le diagnostic
Elle permet de retrouver un syndrome inflammatoire : vitesse de sédimentation et C-réactive-protéine (CRP) sont augmentées. Cette inflammation biologique disparaît sous traitement. A la différence des autres maladies rhumatismales inflammatoires, comme le lupus érythémateux disséminé ou la polyarthrite rhumatoïde, on ne retrouve pas d’anticorps antinucléaires dans le sang avec la spondylarthrite ankylosante.
Une évolution progressive vers l’ankylose…
L’évolution de la maladie est très variable d’une personne à l’autre. Il existe une forme bénigne de spondylarthrite ankylosante où les symptômes sont mineurs. Dans certains cas, les ligaments articulaires des articulations atteintes (majoritairement le rachis) se calcifient, et entraînent des déformations caractéristiques :
- le rachis se courbe (accentuation de la cyphose rachidienne)
- la tête se projette en avant
- les hanches se fléchissent
Cela peut entraîner des complications respiratoires et neurologiques. Les vertèbres sont alors fragilisées et des fractures d’une ou plusieurs vertèbres peuvent survenir, même pour un traumatisme léger. Néanmoins, l’autonomie reste le plus souvent conservée, et 80% des malades conservent une bonne activité à terme.
Traitements de la spondylarthrite ankylosante
Le traitement consiste principalement en la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (ADVIL, IBUPROFENE, BI-PROFENID,…), qui sont efficaces dans 70% des cas et améliorent les douleurs en moins de 2 jours. La kinésithérapie est aussi importante pour prévenir l’enraidissement articulaire. Dans tous les cas, on conseille le repos lors des poussées, et de dormir sur le ventre sur un plan ferme. Si le traitement médicamenteux n’est pas suffisant, on peut ensuite envisager des infiltrations de corticoïdes dans les articulations. Pour les formes sévères répondant mal aux AINS ou aux infiltrations, un traitement de fond doit être mis en place (methotrexate, SALAZOPYRINE, AREVA ou anti-TNF-alpha).
La spondylarthrite ankylosante est une maladie touchant préférentiellement l’homme jeune. Elle se traduit principalement par une atteinte du rachis, progressivement ankylosante. Le traitement médical permet heureusement une autonomie correcte dans la majorité des cas.
Christophe Coste
(Validé par le Dr Jean Marc Bouzeran)
|