Dépistage de la stérilité
Après de nombreuses tentatives sans résultat pour essayer d’avoir un enfant, les couples se portent naturellement vers le médecin. Il va les écouter, les aider et les conseiller afin de savoir où se situe le problème. 5 à 10% des couples qui essayent d’avoir un enfant comprennent l’un ou les deux une stérilité.
L’envie toute naturelle de concevoir un bébé est parfois perturbée et bouscule tous les espoirs des futurs parents. Le seul moyen de soigner l’infertilité est d’en dépister la cause. Toute une série de tests et d’examens sont à effectuer. Il est fortement recommandé de les pratiquer au même moment chez l’homme et la femme. Revue de détails.
Entretien avec le couple : une phase nécessaire
Au cours d’un premier rendez-vous, le médecin pose une liste de questions à l’homme et à la femme afin d’établir leur passé médical. Il passe ainsi en revue toutes les pathologies, les traumatismes, les traitements qui auraient pu altérer la fertilité du couple. Puis, un examen gynécologique normal va être pratiqué sur la femme : toucher vaginal, examen au spéculum et frottis afin de s’assurer que sa constitution est normale. Si ni l’un ni l’autre ne présente de malformation visible, ni de pathologie connue, il va être effectué un test de post-coïtal dit test de Hühner. Il a lieu 24 heures avant ou après la date de l’ovulation et dans les 8 heures suivant l’acte sexuel. Au cours de la consultation, le médecin prélève la glaire présente dans la cavité utérine et l’observe au microscope. Cela lui permet d’établir la qualité de la glaire ainsi que le nombre de spermatozoïdes et leur mobilité. Lors d’un test normal, il y a plus de 5 spermatozoïdes mobiles par champ visibles par prélèvement endo-cervical.
A partir de cet examen, le praticien peut définir si l’infertilité provient d’une anomalie chez l’homme ou chez la femme.
Stérilité féminine
Si le test de Hühner révèle une glaire anormale, cela contribue à l’infertilité. La glaire cervicale protège les spermatozoïdes contre le milieu agressif de la cavité utérine. En outre, le médecin effectue une courbe de température qui s’étale sur 3 à 4 cycles menstruels et permet d’établir leur normalité. En effet, le cycle ovarien permet de définir la capacité de l’ovule à être fécondé à un moment particulier.
Cependant, ces deux tests ne permettent pas toujours de mettre en évidence l’origine de la stérilité. Test de Hühner et courbe de température peuvent être tout à fait normaux alors que la femme est infertile. Il faut donc pratiquer d’autres tests :
- Les dosages de progestérone et de prolactine plasmatique permettent d’identifier la bonne sécrétion ou non de ces hormones
- Une échographie pelvienne
- Une surveillance de l’évolution de la glaire cervicale
- La perméabilité des trompes est également à vérifier : on pratique une hystérosalpingographie (radiographie des trompes), une hystéroscopie et une cœlioscopie (intervention chirurgicale sous anesthésie générale au cours de laquelle on observe les trompes, après injection de bleu de méthylène).
A la suite de tous ces examens, le médecin peut exposer son diagnostic. Il peut dès lors discuter avec le couple désirant un enfant des alternatives qui s’offrent à eux.
L’homme infertile
Lors du test post-coïtal, si la stérilité vient de l’homme, le praticien peut détecter une anomalie des spermatozoïdes. Pour s’en assurer, il effectue ensuite un spermogramme. Il s’agit d’un prélèvement d’éjaculât dans un récipient en verre, après 2 ou 3 jours d’abstinence.
Un éjaculât normal doit faire de 2 à 5 millilitres, soit compter 50 à 180 millions de spermatozoïdes. Leur mobilité diminue progressivement, elle doit être de 80% à leur sortie et d’environ 60% après 4 heures.
Enfin, il doit y avoir moins de 40% de formes anormales. Le médecin peut ainsi déterminer la cause d’infertilité des spermatozoïdes : aspermie, oligospermie, azoospermie. Pour cette dernière, un test complémentaire est nécessaire : la biopsie testiculaire.
Il est aussi important de pratiquer des mesures hormonales pour s’assurer de l’origine des malformations des spermatozoïdes.
Effectuer tous ces examens est long et fastidieux. Certains d’entre eux requièrent un suivi pendant plusieurs mois. Mais cette durée a l’avantage pour le médecin de lui permettre de s’assurer de la motivation du couple à avoir un enfant. Une fois le foyer de la stérilité dépisté, il est alors possible d’avoir recours à des traitements, souvent efficaces.
Sophie Noachovitch
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
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