Combattre la stérilité
Lorsque le diagnostic de stérilité a été établi au sein d’un couple, c’est bien souvent le désarroi qui s’installe entre l’homme et la femme. Mais les médecins et les différents traitements qui existent aujourd’hui permettent de parer les difficultés que la nature a érigées contre leur désir d’enfanter.

Après avoir subi toute une batterie de tests, le lieu de l’infertilité est ciblé. Qu’il soit chez l’homme ou chez la femme, les médications et les techniques modernes permettent aux couples d’accéder à ce qui leur aurait été encore impossible il y a 30 ans : la première FIV date de 1982 en France. Tableau des différentes alternatives à la stérilité.
Les médications qui s’imposent
Avant tout chose, il faut noter que les médecins n’envisagent d’intervenir qu’après 2 ans de tentatives de conception infructueuses. Il existe une possibilité de traitement médical dans certaines pathologies masculines (prostatite, oligospermie…).
Chez la femme, on peut administrer du clomifène accompagné d’œstrogènes ou d’hormones gonadotrophines afin de stimuler l’ovulation en cas d’insuffisance ovarienne.
Ce traitement s’étale sur 12 jours en début de cycle et se surveille par échographie. Les chances de fécondation sont alors décuplées.
Parfois, le cycle peut être perturbé par un défaut de sécrétion hormonale au niveau de l’hypothalamus (partie du cerveau située entre les 2 hémisphères cérébraux). Des doses de GnRH (hormones hypothalamiques) sont injectées : elles recréent un cycle menstruel normal.
Chirurgie possible
Les jeunes garçons sont à surveiller : la cryptorchidie est une cause importante de stérilité. Si les testicules ne descendent pas correctement dans les bourses, il est possible d’opérer. L’intervention se pratique chez les enfants qui n’auront pas de problème de stérilité en grandissant.
On peut rétablir la perméabilité des voies génitales masculines par une petite opération sous anesthésie générale. Elle réussit dans 30 à 60% des cas mais le chirurgien prélève, en même temps qu’il intervient, des spermatozoïdes dans l’éventualité d’une Procréation Médicalement Assistée (PMA).
Pour parer une varicocèle, la chirurgie permet de ligaturer les veines qui entourent les testicules. La stérilité est alors éliminée pour 30 à 50% des opérés.
Procréation Médicalement Assistée
La PMA (Procréation Médicalement Assistée) est bien souvent l’ultime solution qui s’impose aux couples souhaitant devenir parents. C’est aussi l’une des techniques les plus efficaces pour accéder à la paternité et à la maternité tant espérées.
Lorsque le problème de stérilité se situe au niveau du col de l’utérus ou si les spermatozoïdes manquent de vigueur, on a recourt à l’insémination intra-utérine. On prépare le « terrain » utérin par l’injection d’HMG (gonadotrophines chorionique humaine) : cette hormone permet de stimuler et de contrôler précisément le jour de l’ovulation. On introduit ensuite directement dans la cavité utérine des spermatozoïdes du conjoint soigneusement choisis dans l’éjaculât pour leur mobilité.
La FIV ou Fécondation In Vitro, correspond à une fécondation réalisée en dehors du corps de la femme.
Pour y parvenir, les médecins stimulent le développement de follicules par l’injection d’hormones gonadotrophines. C’est l’administration d’HMG permet l’ovulation. Et 36 heures plus tard, on prélève les follicules par voie vaginale. Le médecin met en culture les ovocytes obtenus avec les spermatozoïdes. Après fécondation (environ 3 jours plus tard), on réimplante 2 embryons dans l’utérus.
Pour une fusion entre spermatozoïde et ovocyte encore plus efficace, on peut aujourd’hui pratiquer une ICSI (Intra Cytoplasmic Sperm Injection) : les follicules sont prélevés comme dans une FIV normale mais les spermatozoïdes sont introduits dans l’ovocyte à l’aide d’une micro-pipette et sous microscope. On réintroduit ensuite les embryons dans la cavité utérine de la future mère.
En dernier lieu, si aucune de ces techniques n’a fonctionné ou si l’homme ne produit pas de spermatozoïdes ou la femme pas d’ovocytes, le couple peut chercher un donneur. La loi réglemente strictement ce genre de pratiques, avec des délais d’attente permettant au couple de bien réfléchir à ce qu’ils désirent et laissant ainsi, une possibilité de rétractation.
Lorsque l’indication médicale est posée, la sécurité sociale prend en charge les frais de FIV suite à une demande à hauteur de 100% chez les couples justifiant d’une vie commune, mariés ou non, de deux ans minimum et pour 4 cycles de FIV. Cela est valable pour un âge maternel inférieur à 43 ans.
La stérilité est, pour le couple désirant avoir un enfant, un véritable cauchemar. Les techniques actuelles d’aide à la procréation permettent, dans certains cas, de remédier à cette incapacité biologique.
Sinon, avez-vous pensé à l’adoption ?
Sophie Noachovitch
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
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