Zoom sur les troubles thyroïdiens
Il peut arriver qu’à certaines périodes de la vie, la thyroïde s’emballe ou au contraire devienne paresseuse. Ces dérèglements sont autant source d’inconfort que de problèmes esthétiques, auxquels il convient de remédier. Voici les principaux signes caractéristiques.

L’hypothyroïdie
L’hypothyroïdie désigne l’ensemble des manifestations causées par un déficit de sécrétion des hormones thyroïdiennes.
Relativement fréquente, elle concerne 1% de la population, et touche particulièrement les femmes. Elle est souvent diagnostiquée tardivement car les symptômes peuvent être modérés.
Elle se manifeste par :
- une infiltration oedémateuse des tissus : avec notamment une prise de poids, un visage bouffi avec un corps boudiné, la peau sèche, et éventuellement un syndrome du canal carpien
- un hypométabolisme : avec des manifestations cardiovasculaires (bradycardie, hypotension artérielle), digestives (constipation), neuropsychologiques (ralentissement, syndrome dépressif). Et sur le plan général, une hypothermie avec frilosité
Ces signes doivent amener à pratiquer un bilan biologique, avec en particulier un dosage des hormones thyroïdiennes : il montre une augmentation du taux de TSH et une diminution du taux de T4.
Les causes sont de 3 ordres :
- il peut s’agir d’une thyroïdite d’Hashimoto, qui est une maladie auto-immune et dans laquelle on observe un goitre. Il faut alors doser les anticorps spécifiques anti-TPO (très augmentés), et effectuer une échographie thyroïdienne
- la thyroïdite atrophique est également une maladie auto-immune à l’origine d’une hypothyroïdie, sans goitre
- une carence en iode : 1ère cause mondiale d’hypothyroïdie, elle est devenue très rare en Europe.
L’hypothyroïdie nécessite un traitement substitutif à vie, à base d’hormones thyroïdiennes.
L’hyperthyroïdie
L’hyperthyroïdie se définit comme une hypersécrétion d’hormones thyroïdiennes, non freinable par le rétrocontrôle.
La conséquence directe de l’action de ces hormones libérées en excès dans l’organisme est la constitution du syndrome de thyrotoxicose, qui associe :
- des signes cardio-vasculaires : tachycardie, hypertension artérielle
- des signes digestifs : diarrhée, amaigrissement net, syndrome polyuro-polydipsique (envie très fréquente de boire et d’uriner)
- des signes neuro-psychologiques : tremblement et agitation permanents, troubles de l’humeur, troubles du sommeil
- des signes généraux : hypersudation (transpiration avec mains moites), hyperthermie, thermophobie
Devant la constatation de ces symptômes, on effectue un bilan biologique avec dosage de la TSH, que l’on retrouve d’ailleurs diminuée (sauf en cas d’adénome thréotrope) et de T3, T4 qui sont quant à eux augmentés.
Un bilan sanguin, hépatique, métabolique, phospho-calcique est également réalisé.
Les principales causes d’hyperthyroïdie sont :
- la maladie de Basedow : maladie auto-immune qui associe un goitre et une orbitopathie (yeux exorbités). On dose alors les anticorps anti- TSH-R et on pratique une échographie et une scintigraphie thyroïdiennes
- l’adénome toxique : pathologie tumorale bénigne qui touche surtout le sujet âgé
- le goitre multihétéronodulaire toxique (GMHNT)
- une surcharge iodée : thyrotoxicose iatrogène
- la thyroïdite subaiguë de De Quervain : d’origine virale, elle se traduit par un syndrome pseudo grippal avec fièvre, douleurs cervicales, un goitre ferme et douloureux
La thyrotoxicose peut entraîner des troubles du rythme cardiaque, ainsi qu’une insuffisance cardiaque ou coronarienne.
Le traitement de l’hyperthyroïdie repose sur l’administration d’anti-thyroïdiens de synthèse, associés à des bêta-bloquants, des sédatifs et du repos.
Un traitement radical chirurgical existe, qui est indiqué dans certains cas bien précis.
Les goitres
Le goitre se définit comme une hypertrophie de la glande thyroïde. Il peut être diffus ou nodulaire.
500 à 600 millions de personnes sont porteuses d’un goitre dans le monde.
Il peut être associé à une hyperthyroïdie dans certains cas de :
- maladie de Basedow
- goitre multihétéronodulaire toxique
- hyperthyroïdie iatrogène
- thyroïdite subaiguë de De Quervain
Quand il est associé à une hyperthyroïdie, il est dû à :
- une thyroïdite chronique d’Hashimoto
- une carence en iode
- une hypothyroïdie iatrogène
- une cause congénitale
Enfin il peut également s’agir d’un goitre simple, lié à une carence iodée ou à des facteurs génétiques, hormonaux ou à cause du tabac.
Lors de sa découverte, on pratique un bilan thyroïdien avec dosage de la TSH, des dosages d’anticorps spécifiques de la thyroïde ainsi qu’une échographie thyroïdienne.
Les nodules thyroïdiens
Un nodule se définit comme une augmentation anormale localisée du volume thyroïdien.
Relativement fréquents, 4 à 7% de la population est porteuse de ces nodules. Ils sont détectables à la palpation de la glande thyroïde. On parle de :
- nodule chaud dans le cadre des adénomes toxiques et prétoxiques
- nodule froid dans le cadre du cancer thyroïdien, du kyste liquidien, de l’adénome bénin
La principale cause à éliminer est le cancer thyroïdien. On pratique alors un bilan thyroïdien (dosage de la TSH et de T4), une échographie thyroïdienne et dans certains cas, le dosage de la calcitonine sérique.
Une fois le diagnostic effectué, on traite alors la cause.
Le cancer de la thyroïde
Il existe 2 sortes de cancers thyroïdiens :
- le cancer épithéliaux : cancer papillaire et cancer vésiculaire
- le cancer médullaire, dérivé des cellules C et d’origine principalement génétique
Les cancers épithéliaux nécessitent la mise en route d’un bilan complet : bilan thyroïdien (normal), échographie thyroïdienne (nodule), cytoponction du nodule et scintigraphie thyroïdienne.
Le traitement est composé de 4 étapes :
- un traitement chirurgical avec thyroïdectomie totale
- une radiothérapie métabolique
- une hormonothérapie à vie (Levothyrox)
- une surveillance à vie
La thyroïde est une petite glande, mais peut être le siège de nombreuses pathologies ayant un retentissement général. Il est donc important de repérer les signes et l’apparition d’un goitre ou d’un nodule, afin de permettre une prise en charge rapide et adaptée.
Elodie Le Royer
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
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