La fibromyalgie, complexe et mystérieuse…
Bien que longtemps controversée par la communauté médicale, l’existence de la fibromyalgie est désormais considérée comme pathologie bien réelle, avec un diagnostic souvent difficile à poser. Elle se caractérise par des douleurs diffuses et dans certains points de pression précis, avec en plus d’autres manifestations telles que des troubles du sommeil, de l’humeur et une grande fatigue.
Le diagnostic d’une fibromyalgie n’est pas facile à poser mais semble être de plus en plus fréquent, surtout lors des consultations chez les rhumatologues. Les chiffres, bien que plus élevés aux Etats-Unis qu’en Europe (elle représenterait un cas d’invalidité sur dix), varient entre 3 et 20 %, selon l’intérêt que porte le spécialiste à cette pathologie, pourtant reconnue par L’organisation Mondiale de la Santé (OMS).
Fibromyalgie, des causes difficiles à interpréter…
Atypique, complexe, controversée… la fibromyalgie est une pathologie qui fut mise en avant par le Pr. Moldofsky en 1975. A l’heure actuelle, plusieurs hypothèses sont mises en avant pour expliquer les mécanismes à l’origine de la fibromyalgie.
Certains spécialistes ont ainsi parlé d’une atteinte musculaire (désorganisations de certaines fibres musculaires, anomalies des mitochondries) comme étant à l’origine des douleurs et de la fatigue ressenties.
D’autres posent l’hypothèse d’une origine psychogène (état anxiodépressif) mais jamais sans aborder l’éventuelle présence d’une lésion organique. Par contre, des facteurs psychologiques ont une influence.
Aujourd’hui, la piste la plus plausible reste un désordre de la « modulation douloureuse », c’est à dire la différence de perception de cette sensation désagréable qu’est la douleur, et qui est donc subjective, avec une partie émotionnelle et sensorielle (la crainte d’une possible lésion peut jouer sur l’interprétation de la douleur par le patient).
Autre constatation : les chercheurs, expérimentations à l’appui, apparentent cela au fait que le cerveau d’une personne souffrant d’une fibromyalgie va amplifier la stimulation douloureuse par rapport à un sujet non souffrant. Enfin, on note une responsabilité certaine de substances telles que la sérotonine et la noradrénaline dans le processus de modulation de la douleur.
On peut donc au final déterminer quelques causes possibles :
• Des facteurs génétiques
• Des troubles du métabolisme à la sérotonine
• Une fragilité psychologique accentuée par un événement affectif (deuil, rupture, licenciement)
• Certaines infections (épisode viral), traumatismes musculaires ou cervical (après une intervention par exemple)
Fibromyalgie : un profil de patients bien défini ?
La fibromyalgie aurait-elle un rapport avec la personnalité du patient ? Difficile d’y répondre… Toujours est-il que les rhumatologues ont remarqué que la fibromyalgie ne survenait pas chez n’importe qui. Les patients atteints manque souvent de confiance en eux et sont souvent très émotifs. Le fait de vouloir tout faire vite et bien et de devoir parfois faire face à l’échec les entraînent à développer les symptômes de la fibromyalgie.
En tout cas, la fibromyalgie touche une majorité de femmes, souvent après 40 ans.
De même qu’il a été observé plusieurs cas de fibromyalgie possibles au sein d’un même cercle familial (mères-filles, sœurs, conjoints des patientes).
Autre constat : selon diverses études, les patients atteints de fibromyalgie auraient des professions où l’empathie serait nécessaire, et dans 80% des cas, des professions dans le domaine du social, de l’enseignement, du paramédical et du médical.
Enfin, la fibromyalgie s’associe parfois à une autre pathologie, comme la polyarthrite rhumatoïde…
Fibromyalgie et symptômes
Toute la complexité de cette maladie réside dans la description des symptômes. Bien réels, il s’agit essentiellement de douleurs diffuses dès le lever, d’intensité variable, constantes et s’aggravent avec l’effort quotidien (mais peut aussi se réveiller au repos), les conditions climatiques (froid, humidité), émotivité, stress, manque de sommeil.
Comment les douleurs se traduisent-elles ?
• Des brûlures
• Des piqûres
• Un effet de déchirement musculaire
• Une impression de pic planté dans un membre
Ces douleurs chroniques concernent :
• L’axe de la colonne vertébrale et les racines des membres (au début de la maladie)
• Thorax, bras, jambes et localisées sur les muscles, les articulations, autour de celles-ci ou au niveau des tendons
Il devient alors plus difficile de rester debout longtemps, de marcher lentement, de faire certaines activités où le bras doit être levé un certain temps, de porter un enfant ou une charge assez lourde, de conduire, de faire la cuisine…
Certains patients souffrent même d’allodynie. (douleurs ressenties par simple effleurement)
Et avec cela, s’ajoute des troubles du sommeil, une fatigue persistante ressentie au moindre effort (problèmes de microcirculation possibles), des articulations raides au réveil, des migraines voire même des troubles digestifs (ballonnements, coliques, douleurs abdominales).
Diagnostic et traitements
La multiplicité des formes cliniques de la maladie peut entrainer un retard à son diagnostic basé sur
le caractère chronique et diffus des douleurs musculaires et articulaires.
L’examen clinique consiste à exercer une pression sur des zones douloureuses et aux alentours. On a déterminé 18 points douloureux. La fibromyalgie est alors confirmée avec 11 de ces 18 points douloureux. Il faut aussi à vérifier que les douleurs ne viennent pas d’une autre anomalie ou maladie non décelée, qui pourraient entraîner une confusion (douleurs musculaires dues à des médicaments, hypothyroïdie, viroses, arthrose etc.). Il n’existe à ce jour aucun test biologique pour détecter une fibromyalgie.
Pour ce qui est des traitements médicamenteux efficaces :
• Les antalgiques (paracétamol et opoïdes faibles)
• Les antiinflammatoires
• Le tradamol
• Certains antidépresseurs (fluoxétine, amitriptyline, duloxétine, moclobémide)
• Le tropisétron, pamipexole, prégabaline pour réduire la douleur
Des traitements non médicamenteux peuvent y être ajoutés :
• Exercices en milieu aquatique
• Exercices d’aérobie (jogging, natation) et de renforcement musculaire
• Les TCC (thérapies comportementales et cognitives)
• La relaxation, rééducation, physiothérapie et un soutien psychologique peuvent être nécessaires
• Des exercices quotidiens tels que la marche à pied rapide
• Les étirements quotidiens
• Yoga et autres exercices respiratoires
• Les douches chaudes pour soulager les muscles
Le tout doit être pratiqué de façon raisonnable, sans forcer, en établissant un programme personnalisé.
La fibromyalgie n’est pas une pathologie grave puisque le pronostic vital n’est jamais menacé. Par contre, elle entraîne inéluctablement un fort retentissement sur la vie quotidienne. Il s’agit donc, pour atténuer au mieux les douleurs et autres troubles d’utiliser à bon escient les traitements existants, médicamenteux et non-médicamenteux, en fonction de l’intensité de la douleur.
Emilie Lefèvre
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
Contacts utiles :
- Société Française de Rhumatologie : http://www.rhumatologie.asso.fr
- Association Française du syndrome de fatigue chronique et de fibromyalgie (AFSFCF) :
http ://asso.nordnet.fr/cfs-spid
- Association aide aux malades atteints de fibromyalgie (AAAMAF) : http://www.medicalistes.org/aaamaf
- Fédération nationale des associations françaises de fibromyalgie (FNAFF) :
http://fnaff.free.fr
- Union Française des Adhérents Fibromyalgiques (UFAF) :
http://associationfibromyalgie.wordpress.com
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