La maladie de Raynaud
Dès la moindre exposition au froid, vos doigts deviennent blancs et engourdis. Il vous faut plusieurs minutes pour qu’ils récupèrent leur couleur et leur sensibilité. Ces symptômes évoquent un phénomène de Raynaud. Comme 10% des français vous êtes peut-être atteint de la maladie de Raynaud. Explications.
La maladie de Raynaud est une maladie bénigne mais invalidante et de cause inconnue. Le phénomène de Raynaud nécessite une consultation médicale systématique car il peut être associée à des maladies générales plus graves (les maladies du collagène également appelées collagénoses ou connectivites), on parle alors de syndrome de Raynaud.

Des symptômes déclenchés par l’exposition au froid
Lors d’une exposition au froid ou lors d’une émotion intense, les artères des doigts diminuent de calibre et chassent leur sang. Les doigts deviennent alors blancs, froids et engourdis. C’est la phase « syncopale » du phénomène de Raynaud. Lors du réchauffement, les doigts récupèrent une coloration rouge, mais cela entraîne des picotements dans les doigts (paresthésies) et des douleurs intenses. Par la suite, ils peuvent prendre une coloration bleutée également douloureuse, qui s’estompe en quelques minutes. La répétition des crises peut alors devenir invalidante.
Vers une connectivite… ?
Devant une telle association de symptômes, on parle de « phénomène de Raynaud ». Celui-ci s’intègre le plus souvent dans le cadre d’une « Maladie de Raynaud », maladie bénigne qui touche 10% de la population, préférentiellement les femmes. Cette maladie se déclare entre 20 et 40 ans, atteint généralement les deux mains et parfois les orteils. Parfois ce « phénomène de Raynaud » révèle une maladie plus grave, qui appartient au groupe des connectivites (sclérodermie, lupus, polyarthrite rhumatoïde principalement). On l’appelle alors « Syndrome de Raynaud », et il s’accompagne d’atteintes d’autres organes (peau, poumon, articulations, tube digestif…)
Un diagnostic simple
Lors de la consultation médicale, le diagnostic de maladie de Raynaud est réalisé à l’interrogatoire, devant une description typique des crises. La plupart du temps, aucun examen complémentaire n’est indispensable. Une capillaroscopie peut être réalisée par un médecin spécialiste. Cet examen non invasif et indolore permet d’observer les petites artères des doigts. Si le phénomène de Raynaud ne touche qu’un côté, ou s’il s’associe à d’autres atteintes (œsophagiennes, cardiaques, pulmonaires), on suspecte un « Syndrome de Raynaud » et des examens complémentaires doivent alors être réalisés.
Le premier traitement : éviter le froid !
La première mesure à prendre est l’arrêt complet et définitif du tabac, qui aggrave les lésions en modifiant la circulation sanguine des petits vaisseaux. Il faut aussi éviter les sports d’hiver et les bains à l’eau froide, se protéger du froid par tous les moyens disponibles : plusieurs gants si nécessaires, manteau, écharpe… Certains médicaments sont également à éviter car ils aggravent les lésions, notamment les bêtabloquants (y compris en collyre), les oestro-progestatifs et les dérivés d’ergot de seigle (antimigraineux).
Si le phénomène de Raynaud est sévère ou compliqué, on peut utiliser des médicaments vasodilatateurs, qui vont agir sur les vaisseaux des extrémités en augmentant leur calibre. Sont principalement utilisés les inhibiteurs calciques, les dérivés nitrés, et parfois des analogues de prostacycline.
La maladie de Raynaud est une affection fréquente, qui est le plus souvent bénigne bien que parfois très gênante. La conduite à tenir repose impérativement sur l’évitement de l’exposition au froid et l’arrêt du tabac.
Christophe Coste
(Validé par le Dr Jean Marc Bouzeran)
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