Le cancer de la langue - Cancer
Le cancer de la langue est classé dans les cancers des voies aéro-digestives supérieures (VADS), en raison de sa localisation ORL, et de sa cause : en effet, l’intoxication alcoolo-tabagique est le principal pourvoyeur de ces cancers, qui touchent 20 000 personnes chaque année en France.
Le cancer de la langue mobile représente 30% des localisations des cancers VADS. Sa localisation en rend l’examen plus facile.
Facteurs favorisants du cancer de la langue
L’alcool et surtout le tabac sont les 2 principaux facteurs contribuant à l’apparition d’un cancer de la langue. La prise concomitante de ces deux substances potentialise de manière exponentielle leur effet cancérogène. La chique peut également être à l’origine de la tumeur.
L’existence de lésions pré-cancéreuses prédipose également à la survenue d’un cancer lors de leur évolution. Elles peuvent être dues à des traumatismes dentaires, des appareillages, ou se présenter sous la forme d’une maladie de Bowen, d’une érythroplasie, d’une leucoplasie, de lichen, de papillomes.
Les symptômes orientant vers le diagnostic d'un cancer de la langue
Le principal signe est l’apparition d’une glossodynie (douleur linguale) localisée. Elle est souvent accompagnée d’une gêne à l’élocution, d’une otalgie réflexe (douleur auriculaire), d’adénopathies. Plus rarement, il peut exister un saignement.
A l’examen, la lésion se présente sous la forme d’une ulcération ou d’un bourgeon reposant sur une base indurée plus ou moins étendue, localisée au bord ou au plancher de la langue.
Un diagnostic différentiel d’ulcération traumatique peut être évoqué devant une lésion buccale, mais l’absence d’induration, la douleur, et la guérison dans les 10 à 15 jours suivant la suppression de la cause (dent délabrée, prothèse inadaptée) ne sont pas en faveur.
Une biopsie est alors nécessaire, permettant le diagnostic de certitude. La recherche d’un cancer VADS associé est réalisée à l’aide d’une panendoscopie. Des adénopathies satellites doivent également être recherchées.
Le traitement du cancer de la langue
Il repose sur la chirurgie curative, consistant en une exérèse de la tumeur : glossectomie partielle ou élargie, selon la taille de la tumeur. Un curage ganglionnaire est également effectué en cas de présence d’adénopathies. Une chimiothérapie préopératoire peut être effectuée, afin de réduire le volume tumoral avant l’exérèse chirurgicale et ainsi obtenir un résultat moins délabrant. La radiothérapie locale et ganglionnaire complète systématiquement la chirurgie.
Parce qu’il touche principalement l’homme dès 35 ans et par son pronostic défavorable, le cancer de la langue constitue un problème de santé publique, au même titre que tous les cancers des voies aéro-digestives supérieures. Leur prévention passe avant tout par l’arrêt de l’intoxication alcoolo-tabagique.
Elodie Le Royer
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
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