La goutte
La crise typique de goutte aigüe
Elle débute par l’atteinte de l’articulation metatarso phalangienne de l’hallux, c'est-à-dire par l’atteinte de la base du gros orteil. La douleur débute brutalement, elle est classiquement insomniante et pulsatile, avec des signes locaux inflammatoires importants (augmentation du volume de l’articulation, peau rouge et luisante). Une caractéristique essentielle est la disparition des symptômes en moins de 48h lors de la prise de colchicine.
Il existe parfois des facteurs déclenchants de la crise : excès alimentaire, prise d’alcool, traumatisme articulaire, traitement diurétique ou hypo-uricémiant.
Hyper-uricémie
Un dosage sanguin de l’uricémie, réalisé à distance de la crise, 3 jours de suite, met en évidence une hyper-uricémie supérieure à 420 micromoles/L (70 mg/L). Il faut cependant noter que l’uricémie peut-être élevée et la personne ne jamais avoir de crise de goutte.
Analyse du liquide articulaire
En cas de doute diagnostique, elle est parfois nécessaire. Il s’agit d’un geste stérile, réalisable au cabinet médical, qui consiste en la ponction de l’articulation pour prélever le liquide articulaire. Celui-ci est typiquement inflammatoire, stérile (pas de germes bactériens) et riche en cristaux d’urate.
Les radiographies réalisées sont souvent normales. Elles montrent des signes d’arthropathie microcristalline tardivement.
Goutte chronique
L’excès de cristaux d’urate de sodium se dépose au niveau des articulations, puis à terme au niveau :
- Des tissus sous cutanés, réalisant ainsi le « tophus », petits nodules sous cutanées localisés au niveau du pavillon de l’oreille, du coude, du pied ou des doigts.
- Des articulations, réalisant alors une arthropathie chronique
- Du rein, provoquant des lithiases uriques radio-ransparentes pouvant aller jusqu’à une néphropathie (altération de la fonction rénale)
Traitement de l’accès goutteux aigu
Le traitement consiste en la mise au repos de l’articulation, l’application de poches de glace pour diminuer les signes inflammatoires, et la prise de colchicine. Ce médicament est très efficace, mais a comme effet secondaire principal d’entraîner des diarrhées. Il est donc souvent associé à de l’imodium.
Traitement hypo-uricémiant
Un régime diététique est conseillé afin de faire baisser le taux d’acide urique sanguin :
- perte de poids en cas de surpoids, arrêt de la consommation de boissons alcoolisées, diminution de la part allouée aux protéines animales dans l’alimentation (moins de viande et de poisson, en particulier les abats, gibiers, crustacés poissons gras), diminution de l’apport en certains légumes (oseille, épinards, rhubarbe, choux).
- diurèse alcaline : boissons abondantes, 2 à 3 L d’eau par jour dont 500 centilitres d’eau de vichy pour alcaliniser les urines (augmenter le pH urinaire pour éviter la formation de lithiases).
Un traitement de fond est indiqué en cas d’accès goutteux fréquents ou de goutte chronique (arthropathie, lithiases urinaires, atteinte rénale…).
- Médicaments hypo-uricémiants débutés au moins 3 semaines après un accès goutteux aigu : allopurinol, avec pour objectif une uricémie (taux d’acide urique sanguin) inférieure à 360 micromoles/L.
La goutte est une pathologie fréquente, due à l’accumulation de cristaux d’urate de sodium dans les articulations. Le symptôme le plus classique et le plus connu est la crise de goutte touchant le gros orteil.
Elle peut être grave en raison des atteintes rénales possibles. au traitement médical des crises doit parfois s’associer un traitement de fond, et des règles d’hygiène de vie.
Christophe Coste
(Validé par le Dr Fabrice Kuhn)
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