Soleil et médicaments : un mauvais calcul…
Lorsque l’on part en vacances à la mer, l’envie de s’exposer au soleil pour obtenir une jolie peau bronzée est parfois plus forte que tout. Cependant, lorsqu’un traitement médicamenteux est prescrit, une incompatibilité avec le soleil est alors possible.
Au même titre que le parfum et que certains produits cosmétiques, il existe des médicaments qui ne supportent pas le contact avec le soleil. Explications.

UV et médicaments ne s’entendent pas !
Le soleil émet deux types de rayons. Les infra rouges sont les rayons qui sont ressentis par la peau, ce sont ceux qui chauffent. Les rayons ultra violets (UV) sont quant à eux beaucoup plus. Ils ne se sentent absolument pas, peuvent abîmer la peau et on un pouvoir mutagène.
Lors de la prise d’un médicament, ses composants se propagent sous forme de molécules dans tout le corps par l’intermédiaire du sang. Ils se situent partout, cela comprend donc les vaisseaux sanguins qui se trouvent sous le derme.
Certaines molécules réagissent au contact des UV. Leur structure se modifie pour créer des substances allergisantes voire toxiques. C’est ce qu’on appelle la photosensibilité des molécules.
La transformation de ces médicaments peut être très dangereuse pour l’organisme. Les effets sont généralement visibles très rapidement. Deux types de réactions sont à distinguer. La première est dite phototoxique : les parties exposées au soleil se couvrent immédiatement de rougeurs et de vésicules. De petits boutons emplis de liquides peuvent également apparaître. La rapidité de la formation de ces symptômes peut d’abord faire penser à un coup de soleil mais elle est révélatrice d’une intolérance du médicament aux UV.
La réaction photoallergique se manifeste de son côté environ 48h après exposition. Les mêmes plaques rouges et des vésicules se forment mais elles sont accompagnées de démangeaisons. Etant de type allergique, elle ne se produit pas toujours à la première prise du médicament. Le plus souvent, la seconde prescription déclenche la réaction photoallergique.
Prévenir et soigner la photosensibilité
Il est important, si un voyage en bord de mer est prévu, d’en informer le médecin traitant lors de la consultation. Il connaît les propriétés des médicaments et sait lesquels sont réactifs aux UV. Lorsque le traitement est nécessaire, il peut proposer la prise d’un équivalent non photosensible. Cependant, il n’en existe pas toujours. Il est alors envisageable de cesser la consommation de la molécule le temps du séjour au soleil. Lorsque cela n’est pas possible, il faut impérativement se protéger des UV.
Il faut savoir que l’exposition du décolleté ou des mains peut suffire à déclencher une réaction de photosensibilité. Les molécules circulant dans le sang, elles se propagent alors, des zones exposées, à tout l’organisme.
Cependant, si vous n’avez pas pensé à parler des vacances à la mer à votre médecin, et qu’une réaction photosensible se produit, il faut en premier lieu cesser toute exposition au soleil. Cela évitera d’augmenter le phénomène. Il vous sera ensuite prescrit des crèmes qui permettent de calmer les démangeaisons et de soigner les vésicules. Des antiallergiques peuvent également être dispensés sous forme de gélules.
Malgré l’aspect esthétique qu’il apporte à la peau, le bronzage, sous l’action du soleil n’a jamais été anodine. Un mauvais mariage entre médicaments et UV peut parfois avoir des conséquences graves pour l’organisme. Il faut donc être particulièrement vigilant avec le soleil.
Sophie Noachovitch
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)
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