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Tout savoir de l’ulcère digestif

Tout savoir de l’ulcère digestif

A l’origine de douleurs abdominales souvent vives entre les repas, l’ulcère digestif, ou ulcère gastro-duodénal. Cette affection fréquente, appelé plus couramment ulcère gastrique, concerne 2% de la population générale au cours d’une vie quand l’ulcère duodénal en affecte 7%. Il se caractérise par une évolution marquée de poussées périodiques, entrecoupées de rémissions. Explications.

Tout savoir de l’ulcère digestifLa localisation duodénale de l’ulcère est 3 à 4 fois plus élevée que la localisation gastrique : elle atteint également des individus plus jeunes (en moyenne 55 ans contre 65 pour l’ulcère gastrique). Et les hommes sont trois fois plus touchés que les femmes par l’ulcère duodénal (1,5 fois plus dans le cas de l’ulcère gastrique).

Quelle est la cause de l’ulcère digestif ?

Une bactérie, l’Helicobacter pylori, est la 1ère cause d’ulcère digestif. Il colonise le mucus gastrique, et se détecte chez 90% des personnes souffrant d’ulcère duodénal (70% pour l’ulcère gastrique), contre une prévalence de 10% dans la population française.
Le risque de développer un ulcère est 5 fois plus élevé chez les sujets porteurs de la bactérie. Cependant, tous ne développent pas d’ulcère, car des facteurs génétiques et d’environnement interviennent également, de même que le degré de virulence d’Helicobacter pylori.
La contamination survient habituellement dans l’enfance.
L’éradication d’Helicobacter pylori diminue la récidive de la maladie ulcéreuse et de ses complications.

La prise d’aspirine ou d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) est aussi une cause de développement d’ulcère digestif.
Les AINS agissent en inhibant une enzyme, COX-1, qui a une action protectrice sur l’estomac en augmentant la synthèse de mucus : la prise d’AINS met alors à mal cette protection.
Le risque d’ulcère est majoré en cas d’association de 2 AINS (contre-indiquée), de traitement prolongé ou à des doses élevées. L’âge supérieur à 65 ans, un antécédent ulcéreux ou d’intolérance aux AINS sont aussi des facteurs de risque.

D’autres affections sont susceptibles parfois d’être à l’origine d’ulcère gastro-dudodénal : la sténose pyloro-duodénale, l’hyperparathyroïdie, l’insuffisance rénale chronique ou la pancréatite chronique alcoolique en font partie. Cas particulier, le syndrôme de Zollinger-Ellinson dû à un gastrinome, tumeur duodéno-pancréatique sécrétant de la gastrine et provoquant une hyper-acidité paradoxale, le traitement est chirurgical, si possible.

Symptômes de l’ulcère et examens complémentaires

L’ulcère est défini comme une perte de substance profonde de la paroi gastrique ou duodénale. Il est révélé par une douleur abdominale typique, dite ulcéreuse, dans 1/3 des cas : elle est souvent vive, à type de crampe ou de faim douloureuse, continue et irradie parfois au dos, selon le siège de l’ulcère. Elle est calmée par l’alimentation et les anti-acides.

Typiquement, la douleur ulcéreuse est rythmée par l’alimentation (survenant 2 à 4h après les repas), et elle est périodique dans l’année, par poussées de 1 à 3 semaines entrecoupées de périodes de rémission complète de plusieurs semaines ou mois.

Dans 1/3 des cas, la douleur révélatrice de l’ulcère est atypique, à type de brûlure, par exemple.
Parfois, l’ulcère est révélé par une complication, ou lors d’une endoscopie effectuée pour une autre raison.

Les examens complémentaires utilisés pour le diagnostic sont :

- la fibroscopie oeso-gastro-duodénale, qui visualise l’ulcère et permet d’effectuer des biopsies
- le transit oeso-gastro-duodénal, beaucoup moins utilisé depuis les progrès de la fibroscopie

L’infection par Helicobacter pylori doit être recherchée par :

- l’examen au microscope des biopsies
- le test rapide à l’uréase
- la culture bactériologique des biopsies
- le test respiratoire à l’urée marquée
- la sérologie

Cette recherche est utile pour évaluer l’efficacité du traitement visant à éradiquer H. pylori : ces tests sont effectués plusieurs mois après la fin du traitement.

Evolution et complications possibles de l’ulcère digestif

Quand sa cause n’est pas traitée, l’ulcère gastro-duodénal évolue de façon chronique dans environ 75% des cas : c’est surtout le cas lorsque Helicobacter pylori n’a pas été éradiqué ou en cas de tabagisme chronique.
Ses complications possibles sont :
 
- l’hémorragie digestive, survenant chaque année chez 2% des sujets porteurs d’ulcère digestif
- la sténose pyloro-duodénale, caractérisée par des vomissements chroniques
- la perforation de l’ulcère, 3 fois plus fréquente lors des ulcères localisés au duodénum.
            Leur fréquence est d’environ 3 à 5%.

Comment se traite l’ulcère digestif ?

Le traitement médical repose d’abord sur des règles hygiéno-diététiques : arrêt ou réduction de la consommation de tabac, qui augmente la sécrétion d’acide gastrique et favorise les récidives. Il n’y a pas lieu de modifier le régime alimentaire ou le mode de vie.

Les médicaments susceptibles d’aggraver une éventuelle hémorragie digestive doivent être arrêtés si possible, de même que la prise d’AINS.

Le traitement médicamenteux consiste à inhiber la sécrétion acide : les anti-H2 et inhibiteurs de la pompe à protons sont utilisés.
Un traitement antibiotique actif sur Helicobacter pylori est également prescrit : son éradication est ainsi obtenue dans environ 70 à 75% des cas. Le traitement d’éradication d’helicobacter Pylori consiste en une double antibiothérapie associée à un inhibiteur de la pompe à protons pendant une semaine.

Un traitement chirurgical existe, mais ses indications ont été considérablement réduites depuis le développement d’antisécrétoires puissants et du traitement visant à l’éradication d’Helicobacter pylori. Il concerne les ulcères compliqués, résistants à un traitement médical ou récidivants à court terme, à l’arrêt du traitement.
Dans certains cas bien définis, en particulier les sujets traités au long cours par AINS ou par aspirine, un traitement préventif est préconisé, visant à rechercher l’Helicobacter pylori et à l’éradiquer avant même la survenue d’un ulcère.

Affection fréquente, l’ulcère gastro-duodénal ne doit pas être négligé. Un traitement efficace reste en effet le meilleur moyen d’éviter sa récidive ou la survenue de complications potentiellement graves. La surveillance lors des poussées et à la fin du traitement est nécessaire, surtout lorsque l’on sait qu’un antécédent d’ulcère gastrique est retrouvé chez 10% des patients atteints de cancer gastrique.

Elodie Le Royer
(Validé par le Dr Frédéric Amarger)


08-05-2008



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