L'épaule du nageur
Sport hautement bénéfique pour la santé en raison de ses vertus préventives (protection cardio vasculaire, développement musculaire harmonieux, lutte contre les troubles rachidiens), la natation est, de plus, fréquemment utilisée comme moyen de rééducation (en particulier pour l’appareil locomoteur).

Cependant, la natation peut être à l’origine de pathologies, parfois spécifiques des différents types de nage. Mais les différents styles de nage peuvent fragiliser une même région anatomique particulièrement sensible : l’épaule.
Rappel anatomique et physiologique
L’épaule est constituée de :
- 3 os (clavicule, omoplate et humérus).
- 2 articulations (gléno-humérale unissant humérus et omoplate, acromio-claviculaire unissant clavicule et omoplate).
- Plusieurs muscles (coiffe des rotateurs (sus épineux, sous épineux, sous scapulaire, petit rond et long biceps) mais aussi trapèze, rhomboïdes et grand dentelé) et ligaments assurant stabilité et mobilité de l’épaule.
- Bourses séreuses (« poches » facilitant le glissement des tendons et muscles).
- Un bourrelet glénoïdien (cartilage se rapprochant des ménisques de par sa fonction en permettant stabilité et mobilité de l’épaule).
Plusieurs muscles s’insèrent sur la tête de l’humérus (ce sont les muscles de la coiffe des rotateurs : sus épineux, sous épineux, petit rond et sous scapulaire auxquels on peut ajouter le long biceps).
Certains mouvements compriment les tendons de la coiffe des rotateurs contre l’articulation acromio claviculaire et créent ce que l’on appelle un conflit sous acromial.
Ces mouvements à risque sont l’adduction extrême (élévation médiane ou en dedans du bras), l’abduction (élévation latérale du bras) et l’élévation antérieure du bras.
Ce conflit entraine plusieurs phénomènes : irritation mécanique des tendons, irritation mécanique de la bourse sous acromiale et, pour certains auteurs, troubles de la vascularisation des tendons (anoxie).
Pourquoi la natation traumatise-t-elle l’épaule ?
- Le mouvement de bras du nageur se compose de deux phases : la propulsion (action la plus traumatisante) et la récupération (phase permettant de replacer son bras en avant).
Ces mouvements entrainent des contraintes dans l’utilisation des épaules à la fois en amplitude, en vitesse et en force. De plus, ces mouvements sont répétés à l’infini, on parle alors d’hyper-utilisation.
- Crawl, dos et papillon sont les nages les plus agressives pour l’épaule, en raison des amplitudes extrêmes utilisées lors des mouvements de bras. Le papillon est probablement plus traumatisant en raison du « retour balistique », c'est-à-dire du retour du bras coude tendu entrainant une utilisation prolongée en étirement du tendon du long biceps.
- Les facteurs de risque :
- Hyper laxité: qu’elle soit constitutive ou provoquée par l’entrainement, l’hyper laxité favorise le conflit sous acromial. Cependant, une bonne laxité de l’épaule est aussi un avantage pour le nageur en permettant un gain en amplitude de mouvement de l’épaule.
- Défaut technique : tout défaut technique peut entrainer, compte tenu du nombre de répétitions des mêmes mouvements, des pathologies dites micro traumatiques. Quelques défauts techniques fréquents :
- Pénétration de la main dans l’eau en rotation interne.
- Bras franchissant le milieu du corps lors de la phase de propulsion (par exemple
le bras gauche allant trop vers la droite lors du passage sous le ventre).
- Respiration unilatérale toujours du même coté qui entraine un travail plus important du coté opposé.
- Entrainement trop intense :
- En entrainant une fatigue des muscles permettant de stabiliser l’épaule (sous scapulaire et grand dentelé), on favorise une aggravation des contraintes.
- En augmentant le nombre de mouvements, on augmente la répétition des contraintes.
- Utilisation excessive de plaquettes qui augmentent les contraintes sur l’épaule.
- Déséquilibre musculaire et en particulier entre les rotateurs internes et les rotateurs externes de l’épaule.
- Etant donné l’utilisation importante que fait le nageur de son épaule toute pathologie peut être très handicapante.
|
 |
|