Les pathologies du football chez l’enfant
Pathologies présentes chez l’adulte mais de forme différente chez l’enfant :
Les os des enfants présentent des zones de faiblesse (le cartilage de conjugaison qui permet la croissance de l’os) et des zones de force (le périoste qui enveloppe l’os). Ainsi les fractures des os se déplacent moins chez l’enfant (les fractures se présentent notamment sous la forme de fractures en motte de beurre). Par ailleurs, il existe un risque de séquelles importantes si la fracture atteint le cartilage de conjugaison.
Le rachis de l’enfant est une zone fragile susceptible de présenter diverses pathologies : spondylolyse (fracture de fatigue de l’isthme vertébral, apparaissant au niveau lombaire et se manifestant par des douleurs lombaires), spondylolisthésis (glissement d’un corps vertébral sur l’autre consécutif à une spondylolyse) et maladie de Scheuermann (correspondant à une ostéochondrose des plateaux vertébraux, se manifestant par des douleurs rachidiennes hautes avec apparition d’une cyphose).
L’enfant fait très peu d’accidents musculaires (claquage, déchirure, élongation…) excepté par choc direct.
L’enfant fait peu d’entorses graves (ruptures du ligament) car l’enfant est naturellement plus laxe. Il y a donc peu de risque d’entorses graves de la cheville et d’entorses des ligaments croisés du genou.
Les tendons de l’enfant étant solides, les tendinites sont très rares mais il existe un risque d’arrachement osseux (bassin par exemple).
Comment diminuer le risque de pathologies chez l’enfant ?
L’enfant doit avoir un entrainement progressif adapté à son âge, à sa morphologie, à son niveau en évitant les charges d’entrainement trop importantes. L’entrainement du jeune footballeur n’est pas celui d’un adulte.
L’encadrement du jeune footballeur doit être compétent et raisonnable : la santé et l’épanouissement de l’enfant sont les objectifs principaux. Le football est un sport et doit rester un jeu pour l’enfant. Tout stress ou pression inutile peut être néfaste.
Une douleur est un signe d’alarme devant facilement motiver une consultation médicale. L’enfant footballeur reste un enfant et ne doit être confondu avec un adulte miniature aussi bien dans le mode d’entrainement que dans la prise en charge des douleurs. Un suivi régulier est justifié afin de dépister d’éventuelles pathologies, surtout en cas de pratique intensive. Les facteurs de risque doivent être corrigés : défaut technique, entrainement excessif, surpoids, anomalies morphologiques…
Le football doit rester un jeu, une activité sportive ludique. Les excès doivent être évités afin de préserver la santé. Toute activité sportive intense (nombre d’heures, qualité de l’entrainement) doit être encadrée par des personnes formées et compétentes. L’enfant doit rester acteur et décisionnaire principal de son activité sportive.
Dr Fabrice Kuhn
Médecin du sport
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