Asthme et sport.
L’asthme est-il une contre indication à la pratique sportive ?

Trop souvent, on entend dire que sport et asthme sont incompatibles !
Et pourtant ! Bien au contraire, la pratique sportive aide souvent les asthmatiques dans leur vie quotidienne.
L’asthme est une pathologie chronique qui se manifeste par des crises de dyspnée (difficulté respiratoire). En dehors de ces crises, la personne asthmatique ne présente pas de trouble de la respiration et l’examen est normal. Lors des crises d’asthme, le patient se plaint d’une gêne respiratoire et d’un essoufflement plus ou moins important, l’auscultation pulmonaire retrouve des sifflements assez caractéristiques appelés sibilants.
Certains facteurs peuvent favoriser le déclenchement d’une crise d’asthme : tabac, pollution, allergie, atmosphère froide (et sèche surtout)… Citons, notamment chez les sportifs d’extérieur, les crises consécutives à une allergie au pollen.
Le diagnostic de l’asthme repose sur des tests appelés épreuves fonctionnelles respiratoires (EFR) avec mesures des capacités respiratoires, et éventuellement déclenchement d’une crise suivie d’un traitement par béta 2 mimétiques.
Le traitement de l’asthme repose sur les béta 2 mimétiques inhalés (ventoline® par exemple pour citer le plus connu), les corticoïdes par voie générale ou inhalés et le traitement d’un facteur déclenchant (allergie, tabac par exemple).
Attention, ces traitements sont considérés comme dopants pour le sportif. Les produits inhalés ne sont autorisés que pour les asthmatiques et sur justification médicale (EFR), les corticoïdes par voie orale sont considérés dopants pour tous.
Le sport est grandement bénéfique pour l’asthmatique. La pratique sportive permet à l’asthmatique de développer ses capacités respiratoires, de mieux s’adapter à l’effort et de diminuer l’intensité et le nombre de crises d’asthme.
Un type particulier d’asthme existe : l’asthme d’effort.
L’asthme d’effort se manifeste par une crise d’asthme survenant quelques minutes après la réalisation d’un effort physique ou d’une activité sportive. Il existe parfois, au décours d’une crise d’asthme d’effort, une période réfractaire au cours de laquelle la pratique sportive ne déclenchera pas de crise.
Les sports à risque d’asthme de l’effort sont principalement les sports d’endurance pratiqués dans des conditions de froid sec (ski de fond, course de fond en hiver, cyclisme en hiver….) ou des conditions très chaudes.
Afin de prévenir l’asthme d’effort il est conseillé :
- De s’échauffer suffisamment (au moins 15mn).
- De s’adapter aux conditions météorologiques (ne pas sortir faire du sport s’il fait très froid par xemple).
- De respirer par le nez (afin de réchauffer l’air).
- Certains peuvent mettre à profit l’existence de périodes réfractaires au cours desquels ils ne feront pas de crise.
- Utiliser des béta 2 mimétiques (ventoline® par exemple pour citer le plus connu) 15 mn avant l’effort.
Traitement de l’asthme d’effort :
- Béta 2 mimétiques (ventoline® par exemple) en cas de crise.
- Corticoïdes inhalés.
- Consultation médicale en cas de crise anormale ou intense.
Bien choisir son sport lorsque l’on est asthmatique:
- Sports à privilégier : natation, la plupart des sports en fonction des conditions météo….
- Sports à adapter: les sports d’endurance à forte intensité lorsque les conditions météorologiques sont défavorables : course de demi-fond et ski de fond dans des conditions atmosphériques froides et sèches ou très chaudes.
- Sports contre indiqués : plongée sous marine (l’air contenu dans la bouteille est très sec).
Il est important de toujours avoir ce qu’il faut et savoir réagir en cas de crise d’asthme.
Ne pas hésiter à consulter un médecin en cas de gêne respiratoire intense ou de gêne respiratoire anormale.
L’asthme n’est que très rarement une contre indication à la pratique sportive (plongée), bien au contraire la pratique sportive est bien souvent profitable à l’asthmatique.
Dr Fabrice Kuhn
Médecin du sport
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