Prévenir et soigner la scoliose
Dépistage de la scoliose
Systématiquement, médecin généraliste, pédiatre et médecin scolaire pratiquent un examen minutieux de la colonne vertébrale de l’enfant à chaque consultation. Jusqu’à l’adolescence, ils observent la rectitude du buste par rapport au bassin, l’apparition d’une éventuelle gibbosité. Pour cela, plusieurs positions permettent de les constater : en station debout, le médecin demande à l’enfant de se placer de telle sorte que les deux os de son bassin soient à la même hauteur. Il doit se tenir bien droit. Le médecin peut ainsi constater un éventuel déséquilibre vertébral.
Puis, l’enfant doit se pencher en avant, en plaçant ses mains entre ses jambes : une bosse peut apparaître dans le dos et signaler une scoliose.
Si c’est le cas, le médecin prescrit une radiographie. Elle permet de mettre en évidence à quel endroit se trouve exactement la déviation. Il est possible de mesurer son angle appelé angle de Cobb. Le radiologue s’intéresse également à la rotation des vertèbres et détermine l’âge osseux avec le score de Risser, qui permettra d’effectuer un pronostic et d’établir un traitement.
Soigner la scoliose
De l’intensité de la scoliose va dépendre le traitement. Une scoliose faible sera suivie et contrôlée par kinésithérapie. Au cours des séances, le kinésithérapeute s’applique à améliorer le tonus musculaire et la souplesse rachidienne. Il s’intéresse également aux problèmes respiratoires que peut induire la scoliose. En outre, l’enfant doit pratiquer régulièrement un sport afin de développer sa musculature : elle lui permettra de se tenir le plus droit possible. La natation, sur le dos, est alors souvent conseillée.
Lorsque la scoliose est un peu plus avancée, l’enfant doit alors avoir recours à un orthopédiste. Il immobilisera son dos tout d’abord dans un plâtre. Il permettra de redresser l’angle de la scoliose, de limiter la rotation des vertèbres et de réduire les gibbosités. La plâtre se porte entre 1 et 6 mois et est ensuite remplacé par un corset. Moulé en plexidur sur le buste de l’enfant, il poursuit le travail du plâtre. Il est à renouveler tous les ans (afin de suivre la croissance de l’enfant).
L’enfant peut également devoir porter une coquille plâtrée la nuit : elle modèle la courbure de la colonne.
Enfin, si l’angle de la scoliose devient préoccupant pour la santé de l’enfant, l’intervention chirurgicale peut devenir indispensable. Elle est lourde mais les résultats sont très bons. Elle consiste en la greffe de plusieurs arcs vertébraux postérieurs qui soudent les vertèbres entre elles. Une tige de Harrington (c’est-à-dire dans un métal toléré par l’organisme humain) est ensuite placée afin de servir de tuteur. Durant les mois qui suivent l’opération, l’enfant doit porter un plâtre de contention afin de soutenir son buste fragilisé par l’opération. Il doit également suivre des séances de kinésithérapie.
La scoliose est une déformation de la colonne vertébrale qui peut avoir des conséquences fâcheuses sur l’organisme. Le dépistage doit donc se faire précocement afin de freiner son évolution et d’éviter des traitements lourds et difficiles. Attention cependant à ne pas confondre scoliose et attitude scoliotique. Seul le médecin pourra déterminer exactement de quoi il est question.
Sophie Noachovitch
(Validée par le Dr Frédéric Amarger)
|