Accidents de plongée : comment réagir ?
La plongée est une activité qui rime souvent avec vacances et destinations lointaines. Elle reste néanmoins une discipline très rigoureuse obéissant à des règles de sécurité incontournables. La majorité des accidents est en effet due au non respect des règles de sécurité soit par le plongeur, soit par le club lors de la préparation et de l’entretien du matériel.

Les accidents de plongée sont dus à l’environnement et aux variations de volume, de pression et de composition des gaz respirés.
Les accidents dus au milieu
Le milieu aquatique est très hostile pour l’homme qui est un des mammifères les moins adaptés à l’immersion.
La première des menaces est la chute de la température (l’hypothermie). Celle-ci est inévitable lorsque l’eau est à moins de 35°C (ce qui est fréquent en plongée) et l’organisme va dépenser jusqu’à 25 fois plus d’énergie que sur la terre ferme. D’où la nécessité de vêtements adaptés dits « isothermes » (combinaisons).
L’hypoglycémie est également fréquente par sous estimation des besoins énergétiques (efforts musculaires et réchauffement).
La présence en mer peut aussi générer des « remontées paniques » à cause de la faune et de la flore.
Les accidents de pression
A la descente, l’augmentation de la pression peut entrainer des lésions plus ou moins graves :
• liées au masque : placage du masque avec hémorragie nasale et apparition de pétéchies (petits points rouges signalant une souffrance de la peau)
• liées à l’oreille : la différence de pression entre l’oreille interne et le milieu environnant peut provoquer des douleurs d’intensité croissante jusqu’à une perforation du tympan qui provoque des vertiges parfois suivis de noyade par désorientation et panique.
• liées aux sinus : avec parfois des hémorragies
• liées aux combinaisons qui, plaquées sur le corps, provoquent parfois des hématomes
A la remontée, on constate :
• des traumatismes de l’oreille et des sinus avec hémorragies et parfois vertiges
• des douleurs dentaires en cas de caries avec parfois fracture d’une dent (l’air coincé dans une carie se dilatant à la remontée)
• des troubles digestifs liés à la distension des gaz intestinaux. On décrit aussi de rares déchirures de viscères comme l’estomac
• des troubles pulmonaires : lorsque l’air se distend, il peut provoquer la rupture de la plèvre et provoquer un pneumothorax (présence d’air entre le poumon et la paroi de la cage thoracique) et parfois des embolies gazeuses (de l’air passe dans le sang, provoquant des accidents cérébraux parfois très graves)
Les accidents liés aux échanges gazeux
Les variations du taux de dioxyde de carbone peuvent être dramatiques et nécessitent un repos immédiat pour diminuer la production par l’organisme (on en produit moins au repos).
On décrit également la « narcose à l’azote » : il s’agit de l’apparition d’un état d’euphorie associé à un ralentissement intellectuel et à une diminution de la capacité de réaction. Au pire, elle conduit à la noyade. Le seul traitement est de remonter de quelques mètres (à condition que le cerveau soit capable de réagir).
Les accidents dus à l’oxygène concernent surtout les professionnels qui utilisent des mélanges particuliers.
Les accidents liés aux variations de pression
Ils sont liés au fait que l’azote va produire, dans le sang, des microbulles à la remontée. Si celle-ci est trop rapide, ces bulles grossissent et provoquent :
- des accidents cérébraux parfois majeurs voire mortels
- des manifestations cutanées sans gravité
- des atteintes pulmonaires potentiellement graves
- des douleurs articulaires liées à la présence de bulles dans les articulations.
C’est à cause de ces variations de pression qu’il est déconseillé de prendre un avion dans les 12 à 24 heures suivant une plongée car la pression y est plus faible que dans l’atmosphère.
Ces accidents sont souvent liés à un non respect des règles de sécurité, des paliers de décompression à la remontée, à un effort musculaire trop important, à un surpoids ou à la prise de toxiques (alcool).
Le traitement repose sur l’oxygénation, la réhydratation mais surtout sur le passage en « caisson hyperbare ». Ces caissons sont des enceintes permettant d’augmenter la pression et donc simulent une plongée. Ils permettent de faire artificiellement redescendre la victime sous l’eau afin de diminuer la taille des fameuses microbulles d’azote et d’effectuer des paliers de décompression très progressifs.
Dr Arnaud Latremouille
|