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L’allaitement, urgence et complications

L’allaitement, urgence et complications

Les pédiatres recommandent à l’heure actuelle l’allaitement maternel et l’OMS (l’organisation mondiale de la santé) estime même qu’il éviterait environ 1,5 millions de décès par an dans le monde.



En France le taux d’allaitement maternel est d’environ 60% à la sortie de la maternité. Même s’il s’agit de la méthode la plus sûre pour l’enfant, elle n’est pas dénuée de risque pour les mamans.

En cas de complication, il est urgent de prendre un avis spécialisé avant d’arriver à un stade trop avancé où l’arrêt de l’allaitement deviendrait obligatoire. Voici les complications les plus fréquentes :

Les crevasses

 Elles surviennent chez 25% des femmes. Il s’agit d’une trainée rouge (parfois sanguinolente lors des tétées) et douloureuse du mamelon. Elles sont favorisées par une mauvaise position lors de la tétée et par la macération (notamment en l’absence de soutien-gorge spécialement adapté).
En cas de crevasse, il faut laisser le sein à l’air (ou au soleil), l’enduire de pommades cicatrisantes vendues en pharmacie (à base de Lanoline, de vitamine A ou E), essayer de drainer le sein à la main en évitant les tétées avec ces sein pendant 12 heures et en proscrivant le tire-lait. En cas de persistance, consulter votre médecin ou gynécologue.

Les engorgements

Ils sont favorisés par l’existence de crevasses, par une mauvaise position lors des tétées et par le sevrage. On constate alors un œdème généralisé d’un ou de deux seins avec parfois une petite fièvre à 38°C. Le lait ne laisse pas de trace sur un linge propre (absence de pus). Il suffit alors à ce stade d’appliquer des cataplasmes sur les seins (Osmogel par exemple), de les masser sous l’eau tiède ou légèrement chaude.

Les lymphangites

Elles surviennent dans 5% des cas en cas sur une crevasse ou un engorgement. Il s’agit d’une infection du système drainant le sein, le lait est donc sain (il ne tâche pas un linge). Elles sont associées à une forte fièvre et une douleur intense. Il faut alors tirer le lait du côté atteint (très fréquemment) puis jeter le lait, l’enfant se nourrissant avec le sein opposé. On recommande également les cataplasmes chauds et la prise d’aspirine (antalgique et anti-inflammatoire). La mise sous antibiotiques n’est pas systématique.

Les galactophorites

Il s’agit d’une lymphangite étendue au lait : le lait devient infecté par extension de l’infection. A ce stade, il existe des reliefs douloureux et durs sur le sein. Le lait marque une compresse (débris jaunâtres) signant alors la présence de pus.
On tire le lait que l’on jette puis la maman est placée sous antibiotiques pendant 15 jours et sous anti-inflammatoires. La reprise de l’allaitement sera possible après guérison. Malgré le traitement, la galactophorite peut évoluer vers l’abcès.

L’abcès

Peu fréquente (1% des femmes allaitant), elle est la complication d’une lymphangite mal traitée. Les douleurs sont très violentes et pulsatiles (reproduisent le rythme du cœur), empêchant volontiers la maman de dormir.
Il s’agit d’un tableau de lymphangite avec parfois un abcès visible. Il faut alors impérativement consulter son gynécologue ou un chirurgien qui va devoir drainer l’abcès. Le lait sera tiré et l’allaitement possible après un minimum de trois semaines et deux analyses de lait sans germe

Toutes ces complications peuvent être éviter en prenant bien soin des seins dès le début de l’allaitement et en consultant au moindre doute. En aucun cas elles exposent à une récidive lors d’une autre grossesse.

Elles ne doivent pas apeurer les mamans qui hésitent car on peut les éviter avant qu’elles ne dégénérent.

Dr Arnaud Latremouille


11-10-2008



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