Crise d’asthme : comment réagir ?
L’asthme est une maladie fréquente en augmentation, surtout dans les villes (liée à la pollution). Il s’agit d’une maladie grave causant environ 2000 morts par an en France. La plupart des décès pourrait être évités si les victimes alertaient dès qu’une crise est inhabituelle et si les secours pouvaient intervenir dans les minutes qui suivent l’alerte.

Les facteurs déclenchant
Il existe beaucoup de facteurs qui peuvent déclencher une crise d’asthme : pollution, effort physique, allergie, froid, tabac, médicaments, stress, etc… L’asthme est une maladie qui réduit le diamètre des bronches car un mécanisme mixte : l’inflammation dans les parois bronchiques et une stimulation trop importante des muscles situés également dans ces mêmes parois. L’air qui passe dans ces espaces réduits doit alors passer plus vite pour oxygéner correctement le sang : il y a ainsi production d’un bruit caractéristique de sifflements (sibilants ou wheezing en anglais).
Classiquement, il s’agit d’une gêne respiratoire surtout lors de l’expiration car on a l’impression que de l’air reste coincé dans le thorax. Cette difficulté fait que l’air rentre également moins facilement dans les poumons. Pour compenser, l’organisme va se battre en essayant par tous les moyens de faire circuler l’air, ce sont les signes de lutte :
- on respire plus vite (polypnée)
- on utilise le ventre pour amplifier le rythme respiratoire (balancement thoraco-abdominal)
- on utilise les muscles situés entre les côtes et dans la région du cou (tirage)
- le rythme du cœur s’accélère du fait du stress et aussi pour distribuer l’oxygène (qui se raréfie) aux muscles. Ces derniers étant très sollicités, ils consomment encore plus d’oxygène ce qui augmente encore le rythme respiratoire et peut conduire à un épuisement.
Après que ces signes soient installés, on peut assister à une aggravation de la crise : c’est l’asthme aigu grave. Il s’agit d’une crise sévère lors de laquelle apparaît des troubles de la conscience, des sueurs, une incapacité de parler, une cyanose (coloration bleue de la peau du fait du manque d’oxygène), une chute de la tension…
Au maximum, il apparaît des pauses respiratoires qui conduisent parfois à l’arrêt cardio-respiratoire.
A part de rare cas de crise d’emblée dramatique, on voit bien que la crise évolue par paliers de gravité et que le recours aux secours très rapidement est possible et, très souvent, efficace et salvateur.
Crise d’asthme et traitements

Il existe plusieurs traitements différents que l’on associe afin de contrôler au mieux la maladie :
- les bronchodilatateurs (Bricanyl®, Ventoline®, …) sont les médicaments de référence car ils fonctionnent immédiatement, ont des effets secondaires faibles et peuvent être donnés par inhalation, aérosol ou en injection (salbutamol injectable). Leur mécanisme est simple : ils dilatent les bronches, ainsi l’air passe mieux. On associe parfois ces bronchodilatateurs simples à un autre : le bromure d’ipratropium (Atrovent®), surtout en inhalation.
- Les corticoïdes : il s’agit de médicaments très puissants (en 3 à 4 heures) dans les crises d’asthme et ils peuvent être donné en urgence ou au long en traitement de fond. Ils réduisent l’inflammation qui siège dans la paroi des bronches, ainsi le diamètre des celles-ci augmente et l’air passe mieux. Avec les bronchodilatateurs on attaquait le problème par l’extérieur et avec les corticoïdes, on prend le problème de l’intérieur. Le seul problème des corticoïdes est la liste importante des effets secondaires s’ils sont pris lors d’un traitement chronique
- Les médicaments associant bronchodilatateurs et corticoïdes. Chacun ayant une action efficace et importante, il a été naturellement mis sur le marché des associations, très efficaces : il s’agit de sprays (ce qui limite les effets secondaires car il n’y a presque pas de passage dans le sang) que l’on utilise au quotidien en traitement de fond.
- L’oxygène fait bien sûr partie intégrante du traitement lors d’une crise aux urgences ou à la maison avec le SAMU
Parfois on peut associer d’autres thérapeutiques (magnésium, théophylline en pédiatrie, adrénaline) si l’asthme échappe au traitement habituel. Si besoin, on peut être amené a mettre en route un traitement antibiotique lorsque la crise est due à une infection pulmonaire.
Le plus important lorsque l’on est asthmatique est de :
- bien suivre son traitement
- signaler, dans les plus brefs délais, un échappement au traitement habituel (sans hésiter à faire déplacer un médecin la nuit ou le week-end)
- alerter les secours dès que les crises sont anormales en intensité ou en fréquence.
Dr Arnaud Latremouille
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