Crise d’épilepsie et crise convulsive
La crise d’épilepsie est une crise convulsive due à une maladie : l’épilepsie. On parle parfois d’épilepsie à tort car une crise convulsive peut être due à d’autres maladies…

Dans le diabète (malaises hypoglycémiques), due à la fièvre chez l’enfant (crise convulsive hyperthermique), dans le sevrage d’alcool (dans un contexte de Delirium Tremens), dans un traumatisme crânien, les conditions sont multiples. La crise convulsive est donc la manifestation d’une maladie qui peut être provoquée par une épilepsie ou par tout autre mécanisme.
Comment la décrit-on ?
Une crise convulsive se définit par une perte de connaissance associée à des mouvements musculaires anarchiques (ce qui provoque une morsure de langue et donc la présence de sang dans la bouche de la victime) et parfois un relâchement des sphincters (perte des urines). La crise « simple » dure 1 à 2 minute(s) et cède d’elle-même. La première phase est aussi appelée « phase tonico-clonique » et est associée à une mauvaise circulation de l’oxygène dans le sang qui donne une couleur bleue à la peau (cyanose). Il s’ensuit une phase pendant laquelle la victime récupère petit à petit, en respirant de façon bruyante et en retrouvant ses esprits en quelques minutes (on parle de désorientation et d’obnubilation) : la personne à du mal à fixer ses idées et repose les mêmes questions sans arrêt.
Une crise convulsive isolée n’est pas grave en elle-même sauf si elle dure plus longtemps que d’habitude. En effet, lors de la phase tonico-clonique, l’organisme manque d’oxygène, ainsi le cerveau n’est plus correctement alimenté. Il peut rester 1 ou 2 minute(s) dans cette situation mais pas beaucoup plus. Si la crise dure plus longtemps (on parle d’état de mal épileptique), le cerveau souffre et peut subir des dommages irréversibles.
La crise convulsive est due à un dérèglement des flux électriques dans le cerveau. Le cerveau fonctionne grâce à des cellules qui correspondent entre elles par messages électriques. Si les échanges se font brutalement de façon anarchique, l’ensemble du système cérébral en est affecté ce qui provoque une perte de connaissance et ces mouvements anarchiques. Si une seule zone est affectée cela donne une « crise convulsive partielle », localisée à une main ou un bras par exemple. Si celles-ci sont moins impressionnantes, elles sont plus inquiétantes pour le médecin qui cherchera alors une lésion bien localisée dans le cerveau.
Les causes de cette crise convulsive
Tout individu peut faire 1 à 2 crise(s) convulsive(s) dans sa vie sans être pour autant épileptique : une grande fatigue associée à un stress peut la provoquer. D’autres éléments peuvent déclencher une crise isolée : les jeux vidéo, l’alcool, la lumière (notamment stroboscopique), etc.
Il faudra néanmoins toujours faire un bilan complet à la recherche d’une maladie jusqu’alors méconnue.
Chez l’enfant en bas âge ?
Chez le nourrisson, elles peuvent être déclenchées par une forte fièvre et/ou une variation très rapide de température. Cela cède en général vers l’âge de 5 à 6 ans ave la maturation complète du cerveau. Une première crise convulsive chez un enfant nécessite tout de même un avis urgent qu’elle soit associée ou non à de la fièvre.
Pour faire céder les crises, on emploie des médicaments comme les benzodiazépines en urgence et souvent le valproate de sodium en traitement continu.
Si vous êtes témoin d’une crise convulsive, il faut :
- protéger la personne en éloignant tout objet qui pourrait blesser la victime
- glisser un oreiller ou un vêtement sous la tête de la victime
- la mettre en PLS (Position Latérale de Sécurité) lorsqu’elle récupère
- alerter les pompiers ou le SAMU
Par contre, il ne faut pas :
- tenter de maintenir la victime car c’est le meilleur moyen de surajouter des lésions articulaires (la trop classique entorse du cou lorsque la tête est maintenue à tout prix)
- tenter de mettre quoi que ce soit dans la bouche (ceinture ou autre) : cela n’est pas efficace pour éviter les morsures de langue, peut gêner la respiration et surtout provoquer des morsures sur … vos doigts !
Dr Arnaud Latremouille
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