Crise d’hypoglycémie : comment réagir ?
Il est très fréquent de parler d’hypoglycémie lorsqu’un individu présente un malaise ou une perte de tonus assez brutale. Ceci est majoré par le fait que la victime se sent mieux dès qu’on lui administre du sucre et qu’on l’allonge au calme. En fait, c’est surtout le repos qui est responsable de sa récupération car le manque de sucre (hypoglycémie) est très rare en dehors du diabète.

Dans le diabète, le taux de sucre est trop élevé et donc on utilise l’insuline ou des médicaments (sulfamides) qui, en cas de surdosage volontaire ou non, peuvent donner une vraie hypoglycémie.
Différents types d’hypoglycémie
Les autres hypoglycémies sont rares et concernent surtout une intoxication par des médicaments courants comme l’aspirine, certains médicaments luttant contre les troubles du rythme cardiaque ou encore le dextropropoxyphène, que l’on trouve dans des antalgiques fréquemment prescrits en ville. Parfois, certaines maladies peuvent également provoquer ces variations de sucre mais elles sont rares (insulinome, insuffisance hépatique, maladies auto-immunes, etc…).
Il arrive parfois que l’on constate des hypoglycémies fonctionnelles chez le sujet jeune, anxieux mais cela est rare (parfois du à un excès de bases xanthiques comme le café ou le thé) et chez les personnes ayant bénéficiées d’une chirurgie de l’estomac (cancer, ulcère ou chirurgie de l’obésité).
Le cerveau humain consomme un seul type de carburant : le glucose. En cas de manque le cerveau n’est plus alimenté ce qui provoque le malaise. En cas d’hypoglycémie prolongée le cerveau peut souffrir de façon irréversible avec des séquelles importantes comme lorsqu’il manque d’oxygène : paralysie...
Chez le diabétique sous insuline, les hypoglycémies sont dues à un surdosage d’insuline : erreur de dose, repas sauté, régime, efforts physiques non compensé, consommation d’alcool, insuffisance rénale ou après un syndrome infectieux (qui entraîne une consommation augmentée de glucose).
Chez le diabétique sous médicament (diabète dit « de type 2 »), seuls les malades sous sulfamides risquent de faire une hypoglycémie (mêmes causes que sous insuline) alors que la deuxième famille de médicament (les biguanides) ne donne pas ces complications.
Symptômes et solutions
Lors d’une hypoglycémie, il y a d’abord une phase transitoire pendant laquelle s’installe des symptômes peu graves mais qui doivent alerter : malaise avec pâleur, sueurs, sensation de faim, parfois des troubles visuels et altération du caractère (les victimes deviennent plus agressives) et troubles de concentration.
Dans un deuxième temps, on constate l’apparition de signes plus importants comme une paralysie (réversible après traitement), une crise convulsive, une désorientation ou un trouble du comportement. Au stade ultime, on constate un coma qui est dangereux car le cerveau souffre et aussi car il empêche de donner du sucre par la bouche, la victime ne pouvant avaler.
Si vous êtes témoin d’une hypoglycémie, il faut donner une boisson sucrée rapidement : cela n’est jamais délétère et les malades diabétiques peuvent mourir en quelques minutes d’un manque de sucre.
Si la victime est inconsciente, il faut la mettre en position latérale de sécurité et alerter les secours (le SAMU= 15) qu’ils fassent intervenir le moyen le plus approprié : médecin (SOS Médecins), pompiers ou ambulance du SAMU avec médecin urgentiste. En cas de coma avéré, l’équipe du SMUR injecte du glucose en intraveineux.
Dr Arnaud Latrémouille
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