Electrocution, électrisation et foudroiement
L’électrocution désigne la mort par le passage dans le corps d’un courant électrique alors que l’électrisation désigne le simple passage de l’électricité sans l’issue mortelle de l’électrocution. Ces deux événements peuvent être dus au courant électrique domestique, aux courants plus élevés (métro, lignes électriques, caténaire ferroviaire) ou à la foudre. Les conséquences sont les mêmes dans les trois cas.

Plusieurs éléments signent la gravité d’une électrisation : la durée de l’exposition (très faible en cas de foudroiement), l’intensité (mesurée en ampères) du courant reçu, sa tension (en volts), le trajet que prend l’électricité dans le corps humain, le type de circuit électrique (alternatif ou continu), la résistance personnelle de chaque individu à ce choc.
Les accidents dus à la foudre sont rares (mais mortels : 10 décès par an), ils donnent parfois des troubles du rythme cardiaque mais surtout des lésions dues à l’éjection de la personne et à l’onde de choc de la foudre (effet blast). Malgré la force du courant (10 000 à 25 000 ampères et 10 à 100 millions de volts), les blessures dépendent donc plus du choc que de l’électricité elles-mêmes.
Les accidents dus au courant électrique domestiques représentent environ 100 morts par an en France, dont la moitié est due au 220 volts de nos habitations. Il s’agit principalement d’accidents avec des enfants ou des bricoleurs occasionnels ne prenant pas de précaution avant de bricoler sur les circuits électriques de la maison. Classiquement, les médecins distinguent les accidents peu graves à moins de 1000 volts délivrés et ceux qui nécessitent une équipe spécialisée au dessus de 1000 volts.
Les blessures principales sont dues :
- à une brûlure du fait même de la chaleur dégagée par le courant
- à un choc contre le sol ou un mur car la force de l’électrisation peut projeter la personne à plusieurs mètres (effet blast)
- à un arrêt cardiorespiratoire du à une fibrillation ventriculaire : le cœur s’arrête car le courant génère un rythme anarchique.
Il existe d’autres séquelles comme des cicatrices inesthétiques, des rétractions tendineuses ou musculaires, des troubles sensoriels (baisse de la vue, de l’audition, maux de tête chroniques), des paralysies partielles ou complètes et parfois même, des dépressions… Attention, certaines blessures peuvent ne se révéler qu’après plusieurs heures, c’est pourquoi le recours à un médecin est préférable au moindre doute.
Si vous êtes témoin d’un tel accident il faut :
- ne pas toucher la victime tant que le courant n’est pas coupé (attendre les spécialistes EDF, SNCF, pompiers pour les courants à haute tension)
- alerter les secours (SAMU :15)
- protéger la personne et donner les premiers soins si vous en avez la compétence
Quelques précautions en cas d’orage :
- évitez de téléphoner (téléphones fixes surtout)
- débranchez les appareils électriques et éloignez vous d’eux
- évitez de prendre un bain ou une douche et ne touchez pas à la robinetterie
- évitez les zones à proximité d’arbres, d’eau ou d’installations métalliques (parapluie ou club de golf !)
- à l’extérieur (s’il n’existe pas d’abri à proximité), il faut s’asseoir à terre et se blottir avec les mains sur la tête. Evitez d’être debout et/ou jambes écartées.
Dr Arnaud Latrémouille
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