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Le syndrome de Guillain-Barré

Le syndrome de Guillain-Barré

Quelle est son évolution ?

La sévérité du syndrome de Guillain-Barré est très variable, tout comme son évolution.
Les formes sévères nécessitent une hospitalisation d’urgence en réanimation, en raison des difficultés respiratoires potentielles, du risque de fausses routes, des fluctuations du rythme cardiaque et de la tension artérielle potentiellement dangereuses.
Dans près de 85 % des cas, la récupération est totale au bout de six à douze mois, car la gaine de myéline se reconstruit peu à peu.
Dans les cas sévères, la rééducation peut être longue, et environ 10 % de l’ensemble des personnes atteintes gardent des séquelles. En effet, il arrive qu’en plus de la myéline, la fibre nerveuse elle-même soit endommagée, et ce de façon irréversible. Les séquelles peuvent inclure une diminution de la sensibilité au toucher, une persistance des fourmillements ou de la faiblesse musculaire, surtout dans les pieds ou les mains.

Comment fait-on le diagnostic du syndrome de Guillain-Barré ?

Le diagnostic du syndrome de Guillain-Barré est suspecté par le médecin à partir des symptômes et de l’examen clinique.
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Deux examens complémentaires sont utiles :

- La ponction lombaire, examen qui consiste à prélever le liquide circulant autour de la moelle épinière (le liquide céphalo-rachidien).

- L’électromyogramme (EMG), qui permet d’évaluer le fonctionnement des nerfs et des muscles à l’aide d’électrodes posées sur le corps.

Quel est le traitement de cette pathologie ?

Le syndrome de Guillain-Barré nécessite une hospitalisation en urgence. En effet, il est important de traiter la maladie le plus rapidement possible, avant que les lésions des nerfs soient trop importantes.

Deux traitements principaux permettent de limiter le processus d’endommagement des nerfs, et de ce fait de limiter la sévérité du syndrome.

- La plasmaphérèse, qui est une sorte de « nettoyage » du sang du malade, consiste à remplacer le plasma (partie liquide du sang, auquel on a ôté les cellules comme les globules rouges, blancs…) du malade par du plasma sain. Cette technique permet d’éliminer du sang du malade les auto-anticorps détruisant la myéline.

- L’autre traitement couramment utilisé est l’injection d’immunoglobulines. Les immunoglobulines sont des anticorps. Cette technique consiste à injecter au malade, sous forme de perfusion dans le bras, des anticorps issus du sang de plusieurs donneurs. Par des mécanismes encore mal connus, ces immunoglobulines neutralisent les auto-anticorps néfastes probablement à l’origine du syndrome de Guillain-Barré.

Enfin, l’ensemble des symptômes liés au syndrome doit être traité pour soulager le malade : traitement de la douleur, traitement de l’hypertension artérielle, kinésithérapie...

Environ un quart des malades souffre d’une atteinte des nerfs qui contrôlent la respiration. Cette atteinte peut être très dangereuse puisque le patient peut brutalement cesser de respirer.
En cas d’atteinte respiratoire trop importante, une intubation avec ventilation assistée est instaurée. Il s’agit d’introduire par la bouche ou le nez un tube insufflant de l’oxygène dans les voies respiratoires.

En conclusion, le syndrome de Guillain-Barré reste une maladie auto-immune rare, mais potentiellement grave et invalidante. On en parle depuis la campagne de vaccination contre la grippe A H1N1, car certains vaccins ont été impliqués dans sa survenue. Mais il peut survenir en dehors de toute vaccination, après un syndrome grippal en apparence banal.

Dr Jean-Marc Bouzeran


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13-11-2009



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